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PAPIER POUR
CARTES STATISTIQUES Retour
sommaire livre François Paturle Ce chapitre traite du lancement de
l'activité cartes statistiques par la Papeterie Aussedat, de 1932 à 1939. Un
autre chapitre non rédigé devait traiter des années de guerre et de la
période faste des années 1945-1975 qui ont permis à Bull et à Aussedat une
formidable croissance grâce aux machines mécanographiques, puis aux
ordinateurs et aux cartes à statistiques. Voir aussi le
document sur l'
histoire commune de Bull et des Papeteries Aussedat et les annexes
à ce texte dont la plupart, provenant des archives Aussedat, avaient été
réunies par François Paturle pour préparer ce chapitre Sigles : Ce papier pour
Cartes Statistiques, qui, après des années d'efforts considérables, deviendra
le point fort des Papeteries Aussedat pendant près de trente ans et
entraînera un très important développement de la Société, figure pour la
première fois dans le registres des délibérations du Conseil d'Administration
au procès-verbal de la réunion du 15 juin 1931. Il y est dit
laconiquement: Le Conseil est mis au courant des divers essais et des différents
papiers spéciaux étudiés, papier bakelisé, papier
pour statistiques, papier pour disques phonographiques souples. Depuis 1930, le
Service Commercial de Paris, le Laboratoire de Cran, les services de
fabrication de Cran, sous la direction technique de Mr G. Reguerraz,
se penchent sur l'étude de ce papier. Dans une lettre
du 11 Décembre 1930 adressée au Siège de Cran, Maurice Aussedat
parle d'une conversation avec M. Legrand de la Société d'Applications
Mécanographiques pour les fiches statistiques S.A.M.
"Les
machines statistiques sont construites par deux firmes américaines, Hollerith
et Powers, une firme anglaise, Samas,
et une firme suisse, Boule (sic).
Cette dernière constitue une Société pour s'installer à Paris et désire un
fournisseur français de papier." Il fait faire
des essais sur du papier Peau d'Ane en format 65 x 100 de 50 Kgs. "La
consommation de ces papiers est considérable: Citroën 38T/an, le contrôle des
wagons 50 T/an au P.L.M., les grandes banques : des
dizaines de tonnes. La clientèle déjà acquise à la maison "Boule"
est de 10 à 15 T/mois. Je crois
qu'il y a là un bel avenir et qui, de longtemps, demeurera sans concurrence
française. Il y aurait lieu de faire l'effort nécessaire et d'aboutir
rapidement. Les premières machines françaises sortiront en février (1931)
prochain; il faut que le papier ait fait ses preuves d'ici là." Sous l'impulsion
de Joseph Aussedat et de Pierre Callies, l'usine de Cran effectue de nombreux
essais, mais le tonnage commandé pour ces fabrications ne dépasse pas 500Kgs.
La mise au point est fort longue et très difficile; le cahier des charges est
très exigeant, ainsi que les machines utilisatrices. C'est au Conseil des
Papeteries Aussedat des 4 et 5 avril 1932 que les premières décisions
importantes vont être prises engageant la Société. Une étude, faite
par Maurice Aussedat, a été remise aux membres du Conseil. Nous reproduisons
ci-après ce rapport qui situe bien le problème pour Aussedat : RAPPORT
SUR LES MACHINES ET LE PAPIER A STATISTIQUES La
difficulté de faire progresser la vente de notre papier à statistiques dit
"Peau S.T." nous a fait étudier avec plus
de soins la situation générale et l'avenir de ce marché. Nous le pensions
déjà, mais nous avons aujourd'hui la certitude que ce papier français ne peut
se développer qu'avec le développement même d'une machine à statistique française.Les fournisseurs de machines imposent leur
papier et l'unanimité des usagers a le sentiment très vif de payer trop cher
les cartes dont ces fournisseurs se sont réservés le monopole de vente. Les
machines à statistiques, déjà répandues depuis une trentaine d'années en
Amérique, sont depuis la guerre de plus en plus en usage en Europe et,
particulièrement, en France. Ces dernières années on peut, d'après les
renseignements statistiques qui ont paru, estimer à environ 60 groupes par an
le nombre des machines introduites rien qu'en France. Jusqu'à présent, les
seuls constructeurs étaient : 1 -
la Société HOLLERITH (Amérique), la plus ancienne et dont les
machines sont les plus répandues ;
2 -
la Société POWERS ( Amérique ) , du
groupe REMINGTON-RAND ; 3 -
la Société POWERS-SAMAS (Angleterre) qui
possède une licence POWERS pour certains pays européens (la France n'est pas
comprise parmi ceux-ci) et qui exploite les différents marchés européens,
tantôt en concurrence (France par exemple), tantôt en accord avec POWERS. La
politique HOLLERITH est de ne pas vendre ses machines, mais de les louer. Le
prix de location annuel moyen est de l'ordre de 90 000 Frs. Les machines
POWERS et SAMAS sont vendues à des prix voisins de 500.000Frs par groupe. Depuis
le début de l' année 1931, une Société
française s'est constituée pour fabriquer à Paris les Machines à Statistiques
"BULL". M. BULL, Norvégien, Ingénieur, mécanicien de génie,
avait inventé sa machine en 1921. Il a construit, dans un petit atelier
d'Oslo, ses premières machines qui furent livrées en 1923-1924 en
Norvège, Finlande, Danemark et Suisse, à des Compagnies d'Assurances et des
Administrations d'Etat. Ces machines sont toujours en service et donnent
satisfaction à leurs utilisants. M. Bull mourait en
1925 et laissait ses brevets à l'Institut du Cancer d'Oslo. Ces brevets ont
été rachetés en 1927 par M Emile GENON qui s' est
entendu, pour la construction de ces machines, avec la Société suisse H.W. EGLI A.G.
(de Zurich), les constructeurs des Machines à calculer "MADAS " et
"MILLIONNAIRE" , justement réputés pour leur construction
impeccable. En
vue de profiter d'un marché intérieur plus large que le marché suisse, d'une
part et, d'autre part, pour alléger la tâche des Usines EGLI qui, malgré la
crise, ont actuellement près de six mois de retard dans leur fabrication des
machines à calculer, il fut décidé, au début de l'année 1931, de transférer
de Zurich à Paris la fabrication des machines "BULL". C'est
ainsi que fut constituée, au mois de Mars 1931, une Société Anonyme
française "H.W. EGLI-BULL" , au capital de 3 600 000 francs. Nous
avons donc un grand intérêt à voir se développer la Société EGLI-BULL et à y prendre pied comme fournisseur de
papier. Cette
Société voulant augmenter son capital, trouver des appuis parmi les gros
usagers, améliorer encore son prix de revient, a fait appel au Lieutenant-Colonel RIMAILHO, administrateur
délégué des Ateliers de réparation de ST-PIERRE-des-CORPS
(P.L.M. et P.O.), comme
Président du Conseil d'Administration et du futur Comité de Direction. Le Lt-Colonel désire que la nouvelle Société soit garantie
contre toutes mains étrangères, et surtout à l'abri des Sociétés HOLLERITH et
POWERS, dont les avances se multiplient. Il estime que le capital doit être
porté de 3.600.000 à 7.000.000 de francs, soit environ 4.000.000Frs d'argent
frais, y compris l'achat des 1000 actions d'EGLI. Ces
souscriptions sont assurées déjà par un certain nombre d'usagers, par tranche
de 150.000Frs. Une participation de la S.P.A.
jointe à un apport plus important de certains de nos amis, nous donnerait, en
tant que souscripteurs et papetiers, une importance considérable dans EGLI-BULL et, par là, la certitude d'en écarter NAVARRE
et MULLER. Ces deux Maisons font des efforts considérables pour y rentrer. M. Jacques
CALLIES a été mis en rapport avec le Lt-Colonel
RIMAILHO et a bien voulu garder le contact pendant toute la mise au point de
l'augmentation du capital d'EGLI-BULL et la
constitution du nouveau Conseil. PAPIER
A STATISTIQUES La
consommation annuelle du papier à statistiques représente actuellement en
France 2.000T. environ pour 200 machines HOLLERITH, POWERS et SAMAS, soit 10
Tonnes par machine. L'EGLI-BULL pense, sans
exagération, placer rien qu'en France 30 à 40 machines par an, tant en
remplacement des HOLLERITH en location, qu'à des clients nouveaux. Un contrat
de fourniture régulier avec l'EGLI-BULL nous permet
donc une possibilité de 300 à 400 Tonnes de papier dans quelques années. Il
est évident que nous devons nous opposer à ce que EGLI-BULL
monte un façonnage comme l'a fait POWERS à Paris. Nous serons d'autant plus
forts et le bénéfice sera d'autant plus grand que nous lui fournirons
nous-mêmes, à la demande, la carte imprimée et découpée. PERIODE
D'ATTENTE M.
LEGRAND, sous le nom de S. A. M. , façonne nos cartes depuis
six mois sans avoir encore pu nous payer le papier employé ; il n'a pu en
livrer au détail qu'en pénétrant chez les usagers par les sous-ordres. Aucune
commande sérieuse n'a pu lui être passée pour les motifs ci-dessus
indiqués. Son façonnage est soigneusement fait avec des procédés et machines
de son invention peu industriels. Mais telle qu'est son installation,
il pourrait produire environ 50 000 cartes par jour. Il pourrait donc nous
servir de façonnier pendant la période d'attente de cinq ou six mois. D'ici
là, avec les renseignements donnés par l'EGLI-BULL
et M. HERMIEU, nous devons nous préparer à façonner nous-mêmes. ORGANISATION
D'UN FAÇONNAGE Les
machines de façonnage employées par M. LEGRAND et l'AUTOMATIC
de BERLIN sont à emporte-pièce, provoquant un déchet de 7% dans la bande de
papier. La
"POWERS" emploie depuis peu, dans son atelier parisien, des
machines de façonnage à coupe continue sans déchets. Les derniers
renseignements que nous avons eus feraient croire qu'elle n'en est pas encore
entièrement satisfaite, la coupe n'étant pas aussi régulière qu'à
l'emporte-pièce, et qu'elle étudie un nouveau modèle de machine. La
"M.M.M." (Manufacture de Machines
Modernes) de PARIS, que nous avons été voir, met au point une machine à coupe
continue pour une firme américaine ; cette Maison, qui est très appréciée
pour ses machines à imprimer et à découper, croit avoir réussi et pourrait
nous livrer une machine perfectionnée d'impression et de découpage de cartes
dans un délai de trois à quatre mois. Le prix approximatif serait de 30 000
francs. Une machine de ce type pourrait donner 12.000 cartes à l'heure, soit
70.000 dans la journée de 8 heures, correspondant à un façonnage de 60 à 70
Tonnes par an. Un
atelier de façonnage, susceptible de fournir le tonnage cherché, comprendrait
donc, dans quelques années, 5 à 6 machines et trouverait facilement sa place,
tout au moins provisoirement, dans le 3ème étage de notre magasin de LA
PLAINE ST-DENIS. Les immobilisations seraient
faites au fur et à mesure du développement et représenteraient peu de chose
dans le prix de revient et le mouvement du papier traité. CONCLUSIONS Il
semble que le papier à statistiques ne peut nous intéresser que par un
tonnage relativement important pour notre Maison, d'un minimum de 300 Tonnes.
Il ne peut être employé par les usagers que recommandé par une firme de
machines françaises. Ce papier n'est avantageux pour nous que si nous le
livrons façonné à l'usager, soit directement, soit par la Société des
Machines à Statistiques. Machines et papier ont besoin l'un de l'autre et un
contrat doit lier la Société des Machines et le Fabricant de Papier. FIN
DU RAPPORT DE MAURICE AUSSEDAT 1932 "Pour
réserver l'avenir et éviter l'entrée dans la Sté EGLI-BULL
d'autres fournisseurs éventuels, ce Conseil des 4 et 5 avril 1932 autorise
une participation de 100 000 Frs dans l'augmentation du Capital de
cette Société et charge l'Administrateur Délégué de demander à Mr Jacques
Etienne Callies de bien vouloir représenter la S.P.A.
et défendre ses intérêts dans le Conseil de la nouvelle Sté EGLI-BULL." Cette prise
de participation de 100 000 Frs par les Papeteries Aussedat et l'introduction
de Jacques-Etienne Callies
dans la Société Egli-Bull installée en France depuis Mars 1931 marque
vraiment le point de départ du rôle important que joueront plus tard, dans la
Cie des Machines Bull, les papeteries Aussedat, plusieurs membres de la
famille, principalement les Callies et leurs alliés. La Société
Française "H.W. EGLI-BULL", au capital de
3 600 000 Frs, fut créée en Mars 1931. Son capital se répartit comme suit :
2.100.000
frs à Sté Egli-Bull de Zurich qui apporte brevets
et outillages pour 1.500.000 1.400.000
frs à l'Association Technique d'Etudes
Industrielles et Comptables (A.T.E.I.C.) et à M. Vindevoghel qui apporte les ateliers de l'Avenue Gambetta
(1.000.000) 100.000
frs à Sté Bull A.G. (Mr
E. Genon), M. Knutsen
apporte ses brevets et sa technique. La Bull A.G. est propriété exclusive de Mrs Emile Genon et Vital Vindvoghel. Il
existe un contrat entre BULL A.G. et EGLI-BULL,
droits de vente chez Bull A.G., droits de
fabrication chez Egli-Bull. Tous les deux sont exclusifs. L'A.T.E.I.C. est une filiale de la Bull A.G.,
elle est l'agent commercial des Papeteries Aussedat pour la France. Après
l'Assemblée du 16 avril 1932 le Conseil d'Administration de la sté Française H.W. Egli-Full est ainsi composé: - Président: Le Lieutenant-Colonel Rimailho -
Vice-Présidents : Marcel Bassot et Emile Genon, Jacques-Etienne Callies, H.W. Egli A. G. Zurich, Elie Doury,
Raoul Hermieu, K.A. Knutsen, Paul Mallez, Sté Centrale
de Dynamite, Georges Vieillard, Vital Vindevoghel. Le Secrétaire du
Conseil était Jacques Bassot. Le capital avait
été porté à 6 000 000 de francs et le Siège
transféré 92 bis Avenue Gambetta à Paris. Dans le Conseil
se trouvait K.A. Knutsen
qui avait perfectionné et complété les brevets Bull, notamment la
Tabulatrice. Il joua un important rôle de technicien et de conseiller jusqu'
à la fin de sa vie , en 1983. Au 15.4.1933
le capital de 6.000.000 de francs comprenait : -
le groupe Egli-ATEIC 3040 actions de 1000 frs -
Bassot C.A. 1555 actions -
Divers français dont Aussedat 1405 actions -
Bull A.G. au capital de 400.000 frs
-
E.Genon et Vindvoghel 340
000 -
Lt-Colonel Rimailho 40 000 - Schmidli 4000 - Ramusard 4000 - Bannwart 4000 -Fishner 4000 -Vieillard 4000 La Société H.W. Egli-Bull de Paris
changea de nom le 31 mars 1933 et devint la Compagnie des Machines
Bull après le rachat de la majorité par des actionnaires français dont,
bien sûr les Papeteries Aussedat, la famille Callies et leurs amis. Au Conseil S.P.A. du 8 Mai 1933, des renseignements sont
apportés sur la Compagnie des Machines Bull. L'augmentation de capital à 7
000 000 frs, après une
diminution du premier capital de 6 000 000 francs à
3 000 000 s'est close le 25 avril 1933. La
transformation des 6000 actions de 1000 frs en 6000
actions de 500 frs l'une, s'est faite avec création
de 6000 actions de jouissance sans valeur nominale ayant les mêmes droits,
sauf le dividende. Puis par la création de 8000 actions de 500 frs, soit 4 millions (3 millions + 4 millions = 7
millions) Capital de C.M.B. Finalement le
capital est porté à 11 000 000 frs (statuts de la Cie des Machines Bull au 11 août
1933) et divisé en 22 000 actions de 500 frs. Il existe en outre 6000 actions
de jouissance. Une note manuscrite de Pierre Callies donne la composition
suivante : -
Groupe Callies (y compris SPA) 3890 actions de 500 frs
-
Groupe Bassot 5842 actions - Etrangers, dont Egli,Vindevoghel,
ATEIC et Genon 5810 actions -
Rimailho 1178 actions -
Utilisants (Cie des Lampes, Paix, Vieillard) 3280
actions TOTAL 20 000
actions de 500 francs, soit 10 millions. Pour atteindre
les 11 millions, les groupes font tous un effort. Le groupe Callies s'engage
pour 1000 actions. La Sté A.T.E.I.C. qui nous servait d'Agent Général pour la vente
des cartes a été dissoute et notre Agent Général sera dorénavant la Compagnie
des Machines Bull (autrefois Sté Egli-Bull). L'intérêt de la bonne marche de
cette Société est très grand pour le développement de notre carte à
statistique. Le Conseil approuve la nouvelle participation de 100.000 frs des Papeteries dans cette augmentation de capital de
3 à 7 millions de francs. Le procès-verbal
du Conseil du 19.6.1933 signale qu'un marché de gros tonnage avec Hollerith
(IBM) est à l'étude pour livraison de papier pour cartes à statistiques, il
pourrait être de 50 tonnes/mois, mais il est conditionné par des essais
préalables. Ce marché ne put être traité à
l'époque, une commande d'essai de 1500 kgs n'ayant
pas donné satisfaction. Nous verrons que beaucoup plus tard, après la guerre,
Aussedat livrera beaucoup de papier à IBM France, qui s'appelait auparavant
Cie Electro-Comptable. A l'origine elle s'appelait
HOLLERITH. Devant toutes
ces difficultés, un accord avec Euler, le fabricant allemand de cartes, est
étudié; il ne peut aboutir car pendant ce temps, les Papeteries de Mandeure,
appartenant à un groupe suisse, nous ont devancé et fournissent SOCASTA
(atelier de façonnage des cartes de Samas-Powers).
Ces Papeteries ont même des conversations avec Bull. L'installation
du façonnage de la Carte à La Plaine St-Denis a été
retardée par suite de la mise au point par le constructeur des machines à
découper et à imprimer. Le façonnage de la SAM n'a pas donné entière
satisfaction et surtout n'a pas assez vite fixé le service de fabrication du
papier sur les améliorations à apporter au papier. Il faut conclure à la
solution du façonnage de la carte par le fabricant de papier (Conseil S.P.A. du 16.1.1933). On hésite entre
mettre le façonnage de la Carte à Paris ou à Cran, finalement il sera à Paris
plus proche des utilisateurs, mais Cran aura une machine à découper la carte
pour permettre une progression dans la mise au point du papier sur le lieu de
sa fabrication. Pour
perfectionner cette fabrication sont installés à Cran : un appareil de
réglage de la siccité du papier sur la machine à papier (système Arca), et un 2e appareil Solex pour la mesure pneumatique
de l'épaisseur du papier au 1/100 près. CONTACTS
AVEC LA RACQUETTE RIVER PAPER COMPANY Mais auparavant,
pour s'assurer un papier de qualité irréprochable, les Papeteries Aussedat,
par l'intermédiaire de Mr Genon, Vice-Président de H.W. Egli-Bull S.A., effectuant un
voyage aux Etats-Unis, prennent contact le 22.6.1932, avec la Racquette River Paper Company, de Potsdam dans le Nord de l'état de New York,
tout près du Canada ( 1) . Cette compagnie appartient à la famille Sisson, le Président en est Geo.W.Sisson
Jr, fils de George II et petit-fils de George Wing Sisson I, famille avec
laquelle des liens agréables furent noués ,
qui durent encore (au moment de la rédaction
de ce chapitre en 1987) puisque les François Paturle reçoivent
encore chaque année Andrew Sisson, avec lequel ils
sont liés depuis plus de 30 ans. La Racquette River Paper Cie
est le fournisseur du Gouvernement des Etats-Unis qui, possédant son atelier
de cartes, a voulu avoir un fabricant de papier indépendant des producteurs
de machines à statistiques ---------------------------------------------------------------------------
( 1) Extrait du Memorandum établi
après une réunion, le 10.9.1932 , entre les Dirigeants d'Annecy et
ceux d' Egli-Bull par Mr Genon. "M.
George Sisson Jr.,
Président de la Racquette River Paper
Co, a répondu au questionnaire élaboré par M.
Pierre Callies. M. Genon fit en sorte d'en
apprendre davantage notamment en ce qui concerne la question de savoir s'il
faut compter avec un secret de fabrication. M. Sisson
n'a pas répondu franchement et, prenant la tangente, s'est borné à indiquer
que la grande malice, en ce qui concerne la composition du papier à cartes,
est de savoir traiter les matières premières (pulps),
raffiner, amidonner, éviter les "curves"
etc. "M.
Sisson fait grand état de la valeur inappréciable
des services que lui ont rendu, au point de vue technique, les membres d'une
famille de contremaître et ouvriers spécialisés qui appartenaient depuis de
nombreuses années au service de la Société qui approvisionne en papier à
cartes le monopole Hollerith-Powers. Il a réussi à
s'attacher par contrat, mais à prix élevé, la collaboration durable de cette
famille à Potsdam. "M.
Sisson serait enchanté de faire visiter ses
installations aux dirigeants d'Aussedat. De son côté, il caresse l'espoir de
venir prochainement en Europe et d'obtenir la même faveur de ces Messieurs
d'Annecy." ----------------------------------------------------------------------------- La première
commande (27 juin 1932) est de 5 Tonnes de papier pour statistique Manille,
livraison en bobines de 23 pouces 1/4 de et 30 pouces de diamètre, et de
0,0062 à 0,0070 ligne d'épaisseur, en moyenne 0,0066. Prix 7 cents par livre
brute f.a.s., docks d'embarquement à New York City, paiement comptant
en devises américaines, expédition rapide à la Plaine St-Denis.
Il faut 20 T
pour 1932, 35 Tonnes pour 1933 et 50 Tonnes pour 1934. Ces fournitures
donnèrent toute satisfaction. Au Conseil
d'Administration des Papeteries Aussedat du 10.2.1934, une note est
lue relatant l'historique de ces Cartes pour machines à statistiques sur
lesquelles avaient été fondés de légitimes espoirs et qui malheureusement
marquent un temps d'arrêt dans leur développement, par suite de difficultés
de fabrication. La S.P.A. n'a pu tenir en Décembre ses engagements vis à vis
de Bull. Pour éviter un accord de Bull avec d'autres fournisseurs de papier
et de cartes, on envisage de se tourner vers notre fournisseur américain, la Racquette River Paper Co, dont le papier donne toute satisfaction, une lettre
du Président Sisson faisant espérer une entente
possible. On demande à Mr Genon, Directeur de Bull,
d'étudier cette possibilité à son prochain voyage aux U.S.A.,
Mr Genon et le Dr Koerner
sont fort bien placés, parlant au nom d'une Société de Machines à
Statistiques. Notre participation au voyage de ces dirigeants serait de 2000
dollars. Pour assurer un
excellent façonnage, nous avons acheté une coupeuse-imprimeuse
Goebel et une découpeuse en bobinettes. La dépense
de l'ensemble sera de 80.000 frs et sera en marche
à la Plaine St-Denis en mai prochain (1934). Nous nous sommes assurés un stock de papier Racquette River de 50 T pour garantir l'alimentation de
Bull pendant 6 mois (C.A.10.2.1934). Les choses n'ont
pas traîné et le Conseil du 10.4.1934 étudie une note présentant les offres
de M. Sisson pour une licence de fabrication à Cran
de papier pour carte pour machines à statistiques, qu'on appelle maintenant Tabulating Paper,
résultat des négociations de Mrs Genon et Koerner à New York. Un accord de 10 années pendant
lesquelles nous seraient donnés tous moyens pour fabriquer chez nous la carte
tabulating licenciée Racquette,
telle qu'elle est fournie au "Government
Printing Office" de Washington, moyennant une royalty
de 15 dollars par tonne, avec un minimum annuel de 500 tonnes. Nous devrions
verser, dès la signature de l'accord, une somme de 7500 dollars par an,
pendant 10 ans. A notre charge se trouveraient toutes les modifications de
notre Machine 3 nécessaires à cette fabrication et les frais de voyage et
séjour des spécialistes. Lecture est donnée des lettres échangées entre Me
Léon, notre Avocat à New York, Mr Sisson, Président
de la Racquette River Paper
Co et nous. Le Conseil
décida la signature de l'accord dans les limites des lettres échangées et
présentées à la réunion de ce jour. Il décide également que les fonds
nécessaires aux modifications des machines et aux redevances seront prélevés
sur la Trésorerie, Fonds d'Incendie compris et, à son défaut, sur la
libération des actions Aussedat non libérées. Il ne devra pas être fait appel
à un emprunt nouveau. L'accord a été
signé à New York le 18 mai 1934, les plans et devis des modifications à faire
à la Machine 3 nous ont été remis contre le premier versement de 3750 dollars
de la redevance de la 1ère année (Conseil S.P.A. du
23.6.1934). Les dépenses
nécessaires ne devront pas dépasser 1.200.000 francs. Si la Trésorerie ne suffit
pas, on appellera le 3e quart des actions non libérées, soit 750.000 francs. La garantie
contre la divulgation possible du procédé, nos engagements vis-à-vis de
la Racquette River Paper Co et nos propres intérêts exigent que les mesures les
plus sévères soient prises dans l'usine de Cran, en vertu de l'Article 7 du
contrat. Le Conseil décide que toutes les mesures indispensables seront
prises et en rend responsables les Administrateurs Délégués. Il ne faut plus
de visite de la Machine 3, et une surveillance effective pendant la
fabrication du Tabulating. Des contrats
particuliers seront signés avec les employés dont le départ pourrait avoir
des conséquences fâcheuses pour le secret de nos fabrications. Un
projet de contrat est approuvé. Conseil du 16
juillet 1934 La
transformation de la sécherie de la Machine 3 a été commandée à la Maison Allimand pour la somme de 230.000 frs. Le matériel sera
livré le 1er Novembre. Joseph Callies a
été envoyé aux Etats-Unis, à l'usine de la Racquette
River Paper Co, pour
étudier le matériel d'apprêtage et préparer la mise au point de la
fabrication à Cran. Il étudiera également le matériel spécial à commander à
la "Bagley and Sewal Co". Les frais de ce
voyage d'environ 15000 frs seront largement payés
par les avantages qu'en retirera cette mise au point : économie sur le
matériel et séjour plus court des experts américains. Le matériel commandé à
ce constructeur américain coûtera 26.000 dollars, y compris transport et
douane, départ des U.S.A. vers le 15 Novembre. La fabrication
pourra se faire à Cran au plus tôt en janvier 1935. Le Conseil du 15.9.1934
estime que dès maintenant la Société doit faire la vente de la "Carte
Aussedat licenciée Racquette"
, en se couvrant, si nécessaire, encore, en papier
américain, afin d'empêcher que le marché soit pris par une autre carte que la
nôtre. Nos accords nous le permettent. A la fin de
1934, le façonnage des cartes est exécuté par deux machines, l'une américaine
Swift, l'autre allemande Goebel. Cette
dernière donnant plus de satisfaction, on achètera dorénavant des machines
similaires. A cette date, Aussedat a introduit sur le marché 31 millions de
cartes dont 12 millions de sa fabrication. Le 27 avril
1935, le Conseil est informé que la S. P. A. est devenue le principal
fournisseur du Ministère des Finances, des Douanes et, bientôt, du Ministère
de la Guerre. Ce développement
a nécessité l'achat de deux nouvelles imprimeuses découpeuses Goebel qui fourniront dans les premiers jours de Mai
1935. Le façonnage de la Carte a été groupé au rez-de-chaussée du Dépôt de La
Plaine St-Denis, dans un atelier fermé et dans les
meilleures conditions d'hygrométrie et de manutention. Il est susceptible de
recevoir une dizaine de machines à imprimer la carte et pourra assurer la
production pendant une longue période. La transformation de l'atelier a coûté
30 000 frs et les deux machines 70 000 frs. Actuellement les
4 machines tournent à un poste, peuvent assurer une production de 180 000
cartes/jour, soit par an l'utilisation de 150 tonnes de papier. Une
conférence a été faite par Maurice Aussedat au Comité de la Mécanographie de
la Production Française en Mars 1935, où étaient
rendus publics notre accord avec la Racquette River
et la fabrication à Cran de la carte sous licence Racquette.
Les modifications de la Machine 3 de Cran ont été exécutées suivant le
programme établi. Nos fabrications diverses auront beaucoup à gagner de ces
transformations et du matériel américain, qui permettra des traitements
spéciaux à nos papiers sur la machine même. Cette transformation de la
Machine 3 s'est élevée, tout compris, à 858 000 frs,
dont 420.000 frs pour le matériel américain en
service de marche. A la suite des
engagements précis vis-a-vis de la Racquette River Paper Co et dans notre propre intérêt, des dispositions sévères
ont été arrêtées pour éviter toute divulgation possible de nos procédés de
fabrication. Tout le personnel intéressé a dû signer un contrat très strict,
des fermetures ont été installées autour de la Machine 3 et la fabrication se
fera à huis clos. La visite de l'usine reste interdite à toute personne
étrangère. L'Atelier de Cartes de La Plaine St-Denis
étant bien installé, la fabrication à Cran du Tabulating
paper, suivant licence Racquette
River , approchant de sa mise au point, revenons un instant sur les
Problèmes de la Cie des Machines Bull. Problèmes de
la C.M.B.
Dès Septembre
1934, le Conseil S.P.A. est mis au courant
de la situation de la Cie des Machines Bull, des tractations en cours
de cette dernière avec la Société Hollerith (IBM), et des
répercussions possibles de ces tractations sur notre situation de vendeurs de
cartes perforées. La machine Bull est au point, très demandée dans les
Administrations de l'Etat et les grandes sociétés, mais le système de la
location entraîne la Société Bull dans de tels besoins de trésorerie que le
capital engagé ne peut suffire au financement de certaines affaires, d'où une
lassitude des dirigeants et l'inquiétude d'Aussedat : ils cèdent aux insistances
d' Hollerith. (Mr Genon est chargé des
pourparlers à New York). Or la Société Bull est à la veille d'obtenir des
financements de certaines administrations, mais encore faut-il pour cela
qu'elle fasse figure et qu'elle ne soit pas à la petite semaine. D'où l'idée
d'une dernière augmentation de capital de 4 millions, dont on espère 2
millions d' argent franco-américain en provenance de
New- York. Le Conseil S.P.A. du 22 juin 1935 est mis au courant
de la situation de la C.M.B. qui se trouve en pourparlers,
d'une part avec les représentants des pouvoirs publics, d'autre part avec la
Sté Hollerith (IBM). L'entente recherchée a pour but de conserver une
majorité française tout en profitant de certains accords commerciaux et
industriels avec la Société Hollerith. La présence de Mr Watson, Président
de l'IBM à Paris, à l'occasion de la Réunion de
la Chambre de Commerce Internationale, les divers engagements pris par des
personnalités de la Cie Bull, laissent à prévoir un rapide dénouement de la
situation. La S.P.A. a grand intérêt au maintien de
l'indépendance de la Cie des Machines Bull, en ce qui concerne
surtout le développement de son façonnage à Paris. Tout a été tenté dans ce
sens et le Conseil sera tenu au courant des tractations en cours. A la réunion du 24
juillet 1935, Mr Jacques Callies, Administrateur de C.M.B.,
est introduit dans la salle du Conseil auquel il expose l'évolution des
tractations avec IBM : Mr Marcel Bassot,
Administrateur délégué et principal actionnaire de Bull, a estimé qu' il était préférable, pour les actionnaires de la
Compagnie et son développement, de chercher un accord avec Hollerith et a
donné à Mr Watson son acceptation des propositions faites. Si
l'Assemblée Générale accepte, IBM deviendra propriétaire de 51 % des actions
de la C.M.B. Note de François
Paturle sur ces propositions : 1-
Réduction du capital de moitié par Assemblée Générale Extraordinaire de C.M.B., c'est-à-dire de 11 MF à 5,5MF. 2-
Augmentation de capital de 5,5 MF à 11 MF, souscrite par I.B.M.
3-
Les porteurs d'actions de jouissance donneraient gratuitement à I.B.M. la moitié de leurs titres. 4-
Un déplacement ultérieur de 2 à 3 % des titres vers I.B.M.
lui donnerait la majorité. Jacques Callies
croit l'accord nécessaire, étant donné la longueur et la forme qu'avaient
pris les pourparlers. Une rupture aurait amené la guerre entre les deux
Sociétés, guerre dont Bull aurait fait tous les frais. Cet accord ferait de
Bull une filiale de la Société américaine et la S.P.A.
aura à étudier les rapports nouveaux qu'elle devra avoir avec ces Sociétés. Le Conseil S.P.A. désire que, dans les tractations à venir, le
façonnage de cartes soit sauvegardé, le vente du
papier tabulating en bobines venant en second lieu.
Par lettre du 30.8.1935,
la Cie des Machines Bull demande aux Papeteries Aussedat une aide
financière pour alimenter sa trésorerie jusqu'à la fin des pourparlers
entrepris, soit au 31.12.35 . En
contrepartie, la C.M.B. assurerait à la S.P.A. un traitement de faveur dans les tractations en
cours pour la fourniture du papier à IBM et pour le service en cartes de ses
machines. Par une lettre
du 6.9.1935 la S.P.A. demande à la C.M.B. cet appui. La Trésorerie de la S.P.A.
ne lui permet pas de faire sans contrepartie sérieuse cette aide financière ;
aussi, après avoir entendu l'exposé des faits et des graves intérêts en jeu,
le Conseil décide d'apporter éventuellement une aide financière à la
Cie des Machines Bull pour lui permettre de réaliser dans de bonnes
conditions les accords en cours de tractation avec I.B.M.,
mais au cas seulement où la Cie Bull obtiendrait préalablement
de l'I.B.M. des garanties suffisantes pour la
sauvegarde des intérêts légitimes des Papeteries Aussedat. Le montant et la
forme de cette aide devront être approuvés en Conseil d'Administration S.P.A. D'où une nouvelle lettre à C.M.B.
en date du 9.9.1935 qui soulève les protestations de la C.M.B. Celle-ci confirme qu'elle fera tout pour préserver
les intérêts de la S.P.A. mais qu'il est impossible
de demander à I.B.M. un accord préalable par écrit
avant que les accords soient signés. Le Conseil S.P.A.
maintient sa position le 19.11.1935. A la réunion du 7.12.1935
du Conseil S.P.A., la situation actuelle de C.M.B. est expliquée, la Trésorerie en difficulté pourrait
amener une liquidation désastreuse (c'est le texte du procès-verbal du
Conseil du 7.12.35). Les dirigeants
de la Cie des Machines Bull ont cru à des propositions d'accords et même de rachat
par I.B.M.
Ces accords, envisagés en juillet dernier n'ont pas été réalisés en novembre,
lors de la venue du Président de la Société, Mr Watson, qui, sous-estimant la
résistance de la Société, a fait des offres dérisoires qui amenaient
la disparition de la Machine à Statistique française. La S.P.A. a un grand intérêt à ce que cette machine subsiste
et à en être la pourvoyeuse en cartes. Le chiffre d'affaires de cette
fourniture s'est élevé, cette année, à près d'un
million de francs et, avec le développement du nombre de machines
françaises, doit très rapidement progresser, la consommation de cartes
atteignant un million, soit 3 Tonnes par machine et par an. Il serait
désirable que la Cie des Machines Bull puisse se réorganiser en
épurant ses comptes, en aménageant ses créances, en obtenant des diminutions
des royalties qui l'écrasent, et en trouvant les 5 ou 6 millions d'argent
frais qui la rendraient entièrement indépendante des organismes bancaires
auxquels elle est obligée de s'adresser, dans des conditions très onéreuses,
pour financer ses marchés en cours de locations et de locations-ventes. Cette
réorganisation est à l'étude. Certains concours sont déjà acquis. Il est
demandé à la Société des Papeteries Aussedat, qui est la principale
bénéficiaire du relèvement de C.M.B., de bien
vouloir faire un effort dans ce nouveau capital. La participation de
la S.P.A. ne parait pas pouvoir être inférieure à
500 000 francs. Sa situation de Trésorerie ne le permet pas pour l'instant,
mais certains actionnaires déposeraient la somme correspondante en Titres à
la Banque de France, de manière à soulager notre trésorerie, provisoirement,
de cet effort de participation commerciale. Ce Conseil du 7.12.1935
autorise la participation éventuelle de la S.P.A.
au nouveau capital de C.M.B. dans le cadre de la
réorganisation envisagée d'un capital nouveau de 5 à 6 millions, et après que
les conditions d'aménagement de l'exploitation de la Compagnie aient été
acceptées par tous les intéressés. Il décide en outre l'appel du 4e quart de
ses propres actions S.P.A. , soit 125 F avant le 31 mars 1936, tout
versement antérieur portera intérêt à 5 1/2 %. Conseil S.P.A. du 17 janvier 1936. C'est le 8 janvier 1936 que l'Assemblée Générale
de C.M.B., à l'unanimité des actionnaires, a réduit
le capital de moitié, annulé les actions de jouissance et autorisé le Conseil
à porter à 15 000 000 F le capital de la Compagnie.
La première
augmentation de capital est de 5.000.000 F, auxquels se joindra une deuxième
augmentation de1.500.000F, au total 6,5 millions. Les Actionnaires nouveaux
ont mis des conditions sévères à la réorganisation de la C.M.B.
Toutes ont été remplies sauf encore la consolidation de la créance de la
Compagnie vis-à-vis de Worms. De plus, M. Pierre Callies rend compte qu'il a
dû, à Genève, pour faciliter la réorganisation de la Cie Bull - indispensable
à nos affaires de cartes - prendre une option sur le rachat d'une
dette de la Cie Bull vis-à-vis de la Banque d'Escompte Suisse en liquidation
et de la Pécunia S.A.
Cette dette avait été aménagée en royalties sur les machines Bull vendues et
pesait lourdement sur la réorganisation de la Compagnie, jusqu'à concurrence
de 1 800 000 francs. Moyennant 400.000 F, cette dette pourra être rachetée
par la Société des Papeteries Aussedat et versée à la C.M.B.
en acompte sur sa participation à l'augmentation de capital. (Accord du
Conseil S.P.A. du 17.1.36). Conseil S.P.A. du 22 février 1936. Compagnie des
Machines BULL., Mr le Président
lit un rapport faisant l'historique, depuis son origine, de la Compagnie des
Machines BULL. Il indique les motifs pour lesquels la S.P.A.
a du s'intéresser à cette Société en 1932. Parmi les papiers spéciaux que
recherchait la Société pour permettre à l'usine de Cran, géographiquement mal
placée, de gagner sa vie, la carte à statistique était l'un des plus
intéressants, parce que d'origine américaine et d'un développement rapide et
certain, du fait de l'organisation toujours plus poussée de la Statistique
dans les Etats modernes. Cette carte ne pouvait se développer qu'avec une
machine de marque française, la société américaine HOLLERITH imposant son
papier, sur lequel elle tirait un bénéfice considérable, d'où la nécessité
pour la société de collaborer avec la Machine BULL et de l'aider à se
développer. Le problème de
la Carte, difficile, a été péniblement résolu avec le concours onéreux de la
RACQUETTE RIVER PAPER Co. La mise au point de la
machine, de son côté, a été laborieuse et des capitaux importants ont été
engagés et absorbés avant qu'un résultat sérieux ait été atteint. Des
concours importants ont été demandés à des actionnaires de la S.P.A., cette dernière ne pouvant faire l'effort voulu,
alors qu'elle consacrait ses capitaux aux modifications nécessitées par sa
nouvelle fabrication. Mr le Président
insiste sur ce que ces premiers capitaux ont été mis dans l'affaire Bull
uniquement pour favoriser le développement de la Carte Aussedat, qui
s'annonce par ailleurs une affaire particulièrement rémunératrice. Ces
capitaux ont été engagés sous la responsabilité des dirigeants de la Société.
Ces mêmes actionnaires ont dû, ces derniers mois, pour éviter l'effondrement
de la Cie Bull et les conséquences désastreuses qui en auraient découlé pour
la S.P.A., rapporter des capitaux de l'ordre de 3
millions. Mais leurs moyens ont des limites et il en résulte, pour la S.P.A., la nécessité de compléter cet effort par une
participation plus large qu'il n'avait été prévu dans les conseils précédents
et de la porter au chiffre de un million de francs, dans l'apport de 3
millions demandé au groupe des Papeteries et de leurs actionnaires. La
Cie Bull, réorganisée, a encore à lutter pour se maintenir et rémunérer un
jour son capital, mais pendant cette période, dure pour elle, la S.P.A. doit largement développer son façonnage de cartes
et en tirer un gros bénéfice. La participation
de la S.P.A. a pour but, aussi, de lui donner une
indépendance dans la marche de la Compagnie Bull et de défendre ses accords
de carte, avantageux pour elle et qui pourraient être discutés un jour par la
Cie Bull, dont la politique tendra, évidemment, à celle de la Société
Hollerith, qui loue ses machines et vend elle-même ses cartes. Un siège
d'Administrateur est accordé à la S.P.A. dans le nouveau Conseil de la Compagnie des
Machines Bull. Mr Jacques-Etienne Callies a bien voulu assumer la charge d'Administrateur
délégué de la Cie des Machines Bull. A la suite de
cet exposé de Mr le Président, le Conseil décide à l'unanimité de porter à un
million la participation de la S.P.A. dans le
nouveau capital BULL, cette somme comprenant l'apport des royalties sur
lesquelles la Société a pris une option à Genève le 15 Décembre 1935, et
désigne Mr Maurice Aussedat, son Administrateur délégué habitant
Paris, pour la représenter dans le Conseil de la Compagnie des Machines
Bull. Aussedat
souscrit les 400.000 francs de Pécunia S.A. et ajoute 600.000 francs. Pour arriver aux 3
millions promis aux dirigeants de Bull, il a fallu chercher parmi les
actionnaires des Papeteries, leurs amis , la
famille Callies et ses alliés. Jean Callies a obtenu le concours de
personnalités de sa belle famille (Michelin) ,
il écrit le 23 novembre 1935 à son frère Pierre : "Je l' ai fait encore
par instinct de Terre-Neuve pour les S.P.A. que je ne sais comment justifier, il faudra que la
carte rapporte bien de l'argent aux Papeteries Aussedat pour compenser ce
qu'elle a fait perdre aux autres. Le vin est tiré, il faut le boire. . . Je
tremble de rester entre deux chaises. " Le 26
décembre 1935 Mr Emile Genon, qui avait
mené la plus grande partie des négociations avec les Américains et Mr Watson,
pour une prise de participation d'IBM dans
la Cie des Machines Bull, négociations qui aboutirent à un échec par suite
d'une sous-estimation de la valeur de Bull par les Américains et du désir de
certains actionnaires de Bull de conserver cette affaire indépendante et
française, notamment les Papeteries Aussedat et les Callies - Mr Genon écrivait à Pierre Callies qu'il démissionnait
de son poste d'Administrateur et de membre du Comité de Direction de la Cie
des Machines Bull et de la SOMECA (sté Belge de
Mécanographie de Bruxelles) pour devenir Directeur Général pour la Belgique
de l'IBM. Il joignait à cette lettre le compte-rendu fait au Conseil
d'Administration de Bull A.G., par le Président
Rimailho qui présidait aussi C.M.B. Les Papeteries
Aussedat resteront en assez bons termes avec Mr E. Genon
qui, dès le 13.1.1936, tente depuis Bruxelles de faire livrer du papier tabulating français à la Sté Hollerith en France. Voyant
là un piège contre Bull qui, lui, a une carte française, Aussedat fait
traîner en longueur pour ne pas démolir l'argument Bull et Aussedat,
machines et cartes françaises, au risque de voir un concurrent français
devenir fournisseur de papier à Hollerith. Conseil du 27
octobre 1936. Cartes à
Statistiques. Compagnie des
Machines Bull - Mr le Président
donne des renseignements sur le développement de la Cie des Machines Bull :
L'exercice en cours est plus favorable que ne pouvaient le laisser espérer
les premiers mois de l'année. Cette meilleure marche est le fait de la
réorganisation de la Société. Le Compte d 'Exploitation
tend à s'équilibrer plus tôt qu'on ne pouvait le croire. Néanmoins, il paraît
prudent d'activer la constitution du capital prévu à 15 millions de francs.
La situation est telle actuellement que les souscripteurs ne feront pas
défaut; la Société des Papeteries Aussedat, pour utiliser ses droits, devrait
souscrire 860 actions nouvelles, soit 215 000 francs. Etant donné la
situation de la trésorerie, et malgré le désir de maintenir l'influence de la
Société au sein de la Cie Bull, le Conseil décide de ne pas suivre cette
nouvel1e souscription. Réunion du 23
janvier 1937 .Papier tabulating Le Conseil d'
Administration approuve la position prise par les délégués dans ces
conversations préliminaires, tenant compte qu'il est désirable d'empêcher la sté Hollerith de rechercher un fournisseur français en
dehors de la S.P.A. Cet accord
comprendrait : 1- L'exclusivité
en faveur de la S.P.A. de la fourniture de papier français
à Hollerith, la fixation d'un tonnage voisin de leur consommation de cartes
en France. 2- L'assurance
que la Sté Hollerith ne provoquerait aucune fourniture de la part des autres
Papeteries françaises. 3- Que le marché
de la carte serait réparti entre les deux Sociétés Un projet de
première lettre de mise au point est lu au Conseil ; celle-ci sera
suivie de conversations et, s'il y a lieu, d'un accord entre la Sté Hollerith
et la S.P.A. , qui pourra, plus tard, servir de
préliminaires à une entente entre les deux Sociétés de Machines à
Statistiques HOLLERITH et BULL. Réunion du 5
Juin 1937. Papier Tabulating - le Conseil est mis au courant de
diverses tractations au sujet de ce papier. Les pourparlers
avec la Sté Hollerith, dont le Conseil avait pris connaissance en janvier,
traînent en longueur. A la demande de cette Société et contrairement à la
position prise, une bobine d'essai a été adressée aux Laboratoires Hollerith
à New York. Un marchand de
papier de Londres a demandé de l' échantillonner
pour fournitures importantes en papier tabulating.
Un envoi du papier a été fait, bien que la situation économique donne
peu d'espoir de vendre en Angleterre en concurrence avec les prix américains.
Mr Sisson, Président de la Racquette
River Paper Co, a écrit
pour demander à reprendre sa liberté en Europe avec, en contre-partie, une réduction de sa redevance. Il avait
reçu, de la part de la REMINGTON RAND, une demande de fourniture de papier
pour sa filiale anglaise, la POWERS SAMAS . Le Conseil décide
de n'accepter aucune atteinte à la licence de vente Racquette
River et de répondre à Mr Sisson que la Société est
prête à fournir en Europe. Si, sur certains marchés étrangers les papiers
américains sont mieux placés comme prix, notre Société sera alors susceptible
de discuter avec la Racquette River Paper Co notre commission de
Licencié, en acceptant, exceptionnellement, certaines dérogations à notre
contrat. Réunion du 17
juillet 1937.Papier Tabulating Mr Sisson, Président de la Racquette
River Paper Co, a répondu
à la dernière lettre qui lui avait été adressée conformément aux directives
du Conseil. Il accepte d'abandonner le minimum de tonnage, mais en
contrepartie, demande de relever le taux de redevance de 15 $ à 20 $ jusqu'à
concurrence de la redevance annuelle de 7500 $. Le Conseil accepte, en
principe, cette proposition, mais demande qu'il soit fait une nouvelle
démarche auprès de la Racquette River Paper Co pour obtenir qu'elle
veuille bien, tout en abandonnant le minimum, maintenir sa redevance à 15 $
la Tonne. Réunion du 16
août 1937. Papier Tabulating - Le Conseil
discute les derniers pourparlers qui ont eu lieu entre la Société et les
acheteurs éventuels de papier Tabulating Hollerith Réunion du 26
septembre 1937 . Papier Tabulating - Les pourparlers au sujet de livraisons de
Papier Tabulating en France, en Angleterre et en
Belgique, ont été ralentis du fait de la période de vacances. Ils reprendront
en Octobre. Réunion du 22
janvier 1938. Papier Tabulating - Un accord a été passé avec la Sté
Electro-Compable de France (Sté Hollerith) pour la
fourniture de papier Tabulating et pour régler le
marché de la carte découpée. Une première livraison de 10 Tonnes a été faite
et est en partie découpée; elle permettra, s'il n'y a pas d'incident,
d'obtenir des exportations de papier en Belgique et en Angleterre pour les
filiales d'Hollerith. Réunion du 13
juin 1938. Papier Tabulating - L'accord passé avec la Sté Electro-Comptable de France n'a pas encore entièrement
porté ses fruits; la fourniture de 10 tonnes en décembre doit être suivie
d'une seconde tranche de 10 tonnes et d'une demande de prix pour une nouvelle
commande. Il semble que la Sté Electro-Comptable
adapte sa clientèle à ce nouveau papier et donnera suite à nos accords en
raison de la qualité du papier et de la hausse du papier américain. Réunion du 13
juin1938. Atelier de façonnage
de La Plaine St Denis. L'atelier
marche à plein à un poste de huit heures. Toute augmentation importante de
commandes de cartes exigera la marche à deux postes avec ses aléas.
L'augmentation rapide du nombre de Machines Bull en service fait pressentir qu'en
1939 la production de cartes peut être doublée. Il semble délicat d'aborder
cette date sans une ou deux machines supplémentaires, permettant les
réparations indispensables d'un matériel en plein rendement. Le prix actuel
d'une Machine Goebel est de l'ordre de 100 000
francs en ordre de marche, au cours du reich-mark.
Les machines de ce type ont donné toute satisfaction et le Conseil décide
l'achat éventuel de deux machines à la disposition de Mr Maurice Aussedat. Réunion du 3
décembre 1938. Atelier de
Façonnage -L'Atelier de la Plaine St-Denis est en pleine activité ; les découpeuses-imprimeuses,
votées par le Conseil en sa séance du 13 Juin 1938, n'ont pas encore été
commandées mais le seront incessamment, pour livraison sur six mois; d'ici-là
les heures supplémentaires suffiront à couvrir les commandes en cours. Réunion du 24
avril 1939 . Tabulating Cie Electro-Comptable. Les livraisons en Tabulating à la Cie Electro-Comptable
de France (IBM France) ont été interrompues en janvier dernier, malgré le
marché en cours et le stock existant. Cette Société s'est plainte de
détections électriques à travers le papier, réclamation justifiée, provenant
du voltage plus élevé de ses machines comparativement à celles de la BULL :
110 contre 60 volts. De plus, le papier est soumis, par les machines à
découper la carte, à un régime beaucoup plus sévère que celles de La Plaine-St-Denis, d'où arrachement plus fréquent de points
et pâtons. Le papier a été corrigé de ces défauts. La Sté Electro-Comptable
en a repris à l'essai 3 T par mois en moyenne, mais il semble que sur ces
incidents techniques s'est greffé un désir, de plus en plus vif, de se servir
de la Société comme contre-partie d'un accord sur
les machines avec la Compagnie des Machines Bull. Le Conseil prend
connaissance de la position prise par les Administrateurs délégués sur ce
dernier point par la lecture de lettres échangées avec Mr Virgile, Directeur
Général de la Cie Electro-Comptable de France et
les approuve. Racquette River. Le Conseil est mis au courant des derniers
règlements avec la Racquette River concernant leur
licence. Mr Sisson a aimablement accepté la thèse
de la Société et nous a accordé le forfait initial au taux du dollar à la
date de la signature, soit 15 frs, jusqu'à
concurrence de 500 Tonnes, soit 3000 dollars au cours du jour, à verser par
an. Atelier de
Façonnage. Le façonnage se
développe avec l'augmentation des Machines Bull mises en service. Il marche
actuellement sur la base de 7 à 8 millions de cartes par mois et nécessite
des heures supplémentaires. La machine à découper, commandée chez Goebel, est attendue au mois de juin prochain. Cie des
Machines Bull. L'augmentation de
capital de 5 millions a eu lieu ce mois dernier. La Société n'a pas suivi,
selon ses droits, mais par suite de ses relations d'affaires avec la Cie des
Machines Bull, elle a dû faire l'effort d'arrondir à 5.000 le nombre
d'actions dont elle était propriétaire pour la somme de 110 000 francs, dont
40 000 étaient en compte dans la liquidation de la S.0.M.E.C.A. , filiale
belge de la Cie Bull, cliente de notre façonnage. Réunion du 15
juillet 1939. Papier Tabulating. La Cie Electro-Comptable de France a repris quelques livraisons
en Tabulating qui peuvent permettre l'espoir de
nouvelles commandes. L'Atelier de Façonnage de La
Plaine St-Denis fonctionne à deux postes et produit
actuellement mensuellement de 9 à 10 millions de cartes. Quelques
semaines après, la guerre avec l'Allemagne était déclarée, nous verrons donc
dans un autre chapitre ce qu'il advint de ce papier pour cartes statistiques. CONCLUSION SUR CETTE PERIODE Cette mise au
point à Cran de la fabrication du Tabulating Paper, même sous licence Racquette
River Paper Co, fut
longue et difficile, pour plusieurs raisons : tout d'abord ,
à cette époque , une bonne carte ne se reconnaît qu'à l'usage. Des
cahiers des charges furent étudiés et diffusés par différents comités et
syndicats, voire même par des clients (Citroën, Cie des Lampes, etc...) : ils étaient draconiens et oubliaient
complètement que le papier est une matière vivante, sensible à toute
variation de température, d'hygrométrie, etc. D'autre part, les machines à
statistiques, au début, étaient peu tolérantes, d'où des blocages et des
arrêts dans leur fonctionnement. Dans sa conférence de Mars 1935 au Comité de
la Mécanographie de la Confédération de la Production Française, Maurice
Aussedat donne les tests exigés par le cahier des charges de l'Atelier
de Cartes du Gouvernement américain qui consomma 900 tonnes de ce papier en
1934, alors que les U.S.A. ont consommé 6000
tonnes, la Grande Bretagne 1800 tonnes et la France, toutes marques de
machines confondues, 900 tonnes. Caractéristiques
de ce papier : - Composition. : 100 % de cellulose écrue ou
blanchie - Cendres: 5 % maximum - Force: 155 grammes au mètre carré minimum - Eclatement: compris entre 50 et 70 degrés Muhlen - Epaisseur:
minimum 16/100, maximum 18/100. Epaisseur aussi uniforme que possible et
voisine de 17/100 de millimètre - Satinage : conforme
à l'échantillon standard. Surface lisse sur les 2 faces. Supérieur à 30
degrés au Glarimètre Ingersoll
- Teinte : Bulle
claire. Les livraisons
doivent être homogènes, exemptes de déformations en forme de tuile ou
d'hélice, sans feuille mince, sans trous ni pâtons. Elles ne doivent contenir
aucune particule métallique ou d'autres matières conductrices de
l'électricité ou susceptibles de donner naissance,
en passant dans la machine, à des poussières abrasives ou corrosives. La
durée du conditionnement, pendant le stockage, a une influence capitale sur
la tenue du papier. En effet, pendant la période de stabilisation des
bobines, il se produit un échange entre les spires successives qui contribue
à améliorer la symétrie entre les 2 faces de la feuille; on compte six mois
environ pour cette stabilisation. Ce procédé que
les Papeteries Aussedat purent tenir secret pendant plus de 15 ans, grâce aux
mesures de surveillance de la Machine à papier num.
3, consistait dans l'installation de 3 calandres Bagley
and Sewal après la sortie
de la sécherie de la machine à papier, dont l'une était munie de water box (boîtes à eau) mouillant deux des presses de la
calandre qui humectaient sous une pression très importante chaque face du
papier, lequel ensuite passait sur deux petits cylindres sécheurs, avant de
passer, toujours en continu, dans la calandre suivante. Par le jeu de la
température, de l'humidité et de la pression des presses et de leur bombé, on
arrivait à donner au papier l'inertie, le satinage et l'épaisseur voulue.
Mais que de difficultés pour règler tous ces
paramètres ! En outre, quand la feuille cassait, il fallait la réengager dans
les presses, les boîtes à eau, et recommencer tous les réglages. La vitesse
de la machine, dans ces années 35-39, était très lente, de 10 à 17 mètres à
la minute. Mais enfin, à la déclaration de la 2ème Guerre Mondiale, le Tabulating Paper, que l'on
appelait Peau R.T. , était à peu près au point grâce à la science, la
patience et l'efficacité de Mr Reguerraz et de ses collaborateurs.
L'Atelier de Cartes de La Plaine St-Denis,
lancé modestement en 1932 avec M. Hidoine, tournait
correctement. Mais les chiffres de production étaient très faibles, tant pour
le papier que pour la carte. Au 15 juillet 1939, l'Atelier de Façonnage des
cartes de La Plaine St-Denis fonctionne à 2 postes
et produit par mois 9 à 10 millions de cartes, soit une capacité de 100 à 120
millions de cartes par an, représentant 300 T de papier par an, environ, dont
encore quelques tonnages provenant des U.S.A. Finalement,
comme nous l'avons vu au Conseil du 24 Avril 1939, les Papeteries Aussedat
sont propriétaires de 5000 actions Bull, le nominal étant de 500 frs ; cette participation représente 2 500 000
francs. Depuis son origine la Cie des Machines Bull a connu périodiquement
des difficultés de trésorerie. Cette situation s'explique principalement par
le fait que la Société a dû consentir la location de ses machines, alors qu' au début la tendance du marché était orientée vers
l'achat du matériel plutôt que vers sa location. Les grands fabricants, à
l'échelle mondiale, comme I.B.M. utilisent, d'une
façon généralisée, grâce à leur puissance financière ce mode de
commercialisation. Nous verrons que, 25 ans plus tard, c'est ce besoin
constant de financement qui entraînera chez Bull la perte de son indépendance. François Paturle, 1987 Voir aussi :
Les annexes Retour
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