LES ORIGINES AUSSEDAT

Du 16ème siècle à la fin du 19ème siècle

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Ce chapitre est essentiellement élaboré à partir du livre de François Paturle
"Les Aussedat papetiers depuis le XVIIème siècle – Tome 1"
  (1983) , avec de nombreuses mises à jour, corrections et compléments rendant compte des recherches effectuées ces 25 dernières années.

 




1- De l'Auvergne au Vivarais (17°-18° siècle). Compagnons papetiers


2 - Du Vivarais à la Savoie. Jean Ossedat (1725-1760),
et son fils Augustin I Aussedat (1756-1825)
. Papeterie de Leysse (Chambéry)


3 - Branche Augustin II Aussedat . Famille Basin


4 - Alexis Aussedat (1785-1838) et les débuts de la papeterie de Cran-Gevrier

5 - L’essor industriel et financier. Jean-Marie I Aussedat (1814-1867) , sa femme née Augustine Basin (1828-1909) et leur fils Jean-Marie II Aussedat (1848-1903).

Voir suite histoire de la Papeterie de 1904 à 1963

 

 


 
 

 

1 - De l’Auvergne au Vivarais

Une abondante documentation nous permet de bien suivre l’évolution de la famille Aussedat au moins depuis le milieu du 18ème siècle. C’est en effet en 1760, âgé d’environ 35 ans, que meurt à Davezieux, près d’Annonay en Ardèche, Jean OSSEDAT, qui fut longtemps notre premier ancêtre parfaitement identifié, ouvrier aux papeteries Montgolfier. Des nombreuses recherches effectuées en particulier par Jean et François Paturle, François Aussedat, Rose-Anne Aussedat et Michel Pignal, il résultait que ce Jean Ossedat venait très vraisemblablement de la région d'Ambert  dans le Puy de Dôme.

On trouve en effet dans cette région toute une série de lieux-dits Laussedat, L’Aussedat, Lossedat, ou Ossedat, mais aussi une grande quantité de personnes de ce même patronyme sous différentes formes orthographiques aux 16ème et 17ème siècle. Aujourd’hui encore, les patronymes Laussedat et Ossedat restent très fréquents en Puy de Dôme et Loire. Il existe même un temple bouddhiste connu au lieu-dit Laussedat à une trentaine de kilomètres au nord-ouest de Clermont-Ferrand ! (dans cette région nord-ouest du Puy de Dôme, c'est la forme Laussedat qui prédomine, avec également des variantes).  En dehors d’un Claude Aussedat, écuyer à la fin du 16ème siècle dans la région de Sauxillanges, près d'Issoire, la plupart des Ossedat des environs d'Ambert aux 17° et 18° siècles étaient agriculteurs, plus rarement ouvriers papetiers,  et parfois les deux simultanément.

Parmi toutes les paroisses situées pour l'essentiel autour de la vallée de la Dore, entre la zone sud d'Ambert et Thiers, François Paturle avait focalisé ses recherches sur la zone papetière, partant du principe que les Ossedat papetiers d'Ardèche devaient descendre d'Ossedat papetiers auvergnats. La suite des recherches devait lui donner raison. La zone, articulée sur 3 vallées aboutissant à la rive orientale de la Dore, comprend, autour d'Ambert même,  Saint-Martin des Olmes et Grandrif, à quelques kilomètres à l'est, le hameau de Chadernolles dépendant de la paroisse de Marsac en Livradois au débouché de la vallée de Grandrif sur la Dore , ainsi que Job au nord-est d'Ambert. Cette région était particulièrement riche en moulins à papier du 15° siècle jusqu'au début du 18° siècle. Entre cent et deux cent moulins au plus haut de l'activité. Disparus au fil de crises successives, il n’en reste plus qu’un en activité, devenu musée : le moulin Richard de Bas. Une crise économique dans la seconde partie du 18ème siècle, jointe à la création de nouvelles taxes et nouvelles réglementations, amena à la fermeture d’un grand nombre de ces moulins et à l’exode de ces ouvriers auvergnats qualifiés, en particulier vers la Loire, la Haute Loire, et la région d'Annonay en Ardèche (on retrouve les mêmes noms de famille dans les ouvriers papetiers de ces régions). 

Les premières apparitions du nom Ossedat dans des actes d'état civil semblent dater de la première partie du 16ème siècle, mais on les trouve déjà alors en nombre important dans plusieurs communes. Il est donc vraisemblable que le nom était déjà implanté autour d'Ambert depuis au moins plusieurs générations. Mais il y a encore beaucoup de recherches à effectuer pour rassembler en un seul arbre les très nombreux Ossedat de cette époque.

 

 

 

Cette ascendance auvergnate était donc bien établie, mais il restait à vérifier de façon certaine le lien de parenté entre notre aïeul Jean Ossedat d’Annonay, et les nombreux Ossedat du Forez et du Livradois. Après de longues recherches et diverses hypothèses émises par François Paturle, Rose-Anne Aussedat et Michel Pignal, une trouvaille toute récente (mai 2008) a été rendue possible grâce aux possibilités offertes par internet et les échanges que ce moyen de communication facilite ; Cette nouveauté est l'acte de mariage de Jean Ossedat et Marianne Caillot à Rochetaillée (Loire) en 1751, sur lequel figurent les noms de leurs parents et leur paroisse d'origine. Cet acte a été recherché un peu partout pendant plus de 30 ans. Il était indispensable pour remonter vers les origines auvergnates précises. On y apprend ainsi que Jean Ossedat est né en 1725 dans le village de Duret, sur la paroisse de Saint Martin des Olmes, fils d'Antoine Ossedat et de Marguerite Triouleyre (ou Triolleyre). Antoine Ossedat (1694-1748) était compagnon papetier résidant à Duret. Dans leurs recherches, François Paturle, Rose-Anne Aussedat et Michel Pignal avaient bien identifié ce ménage Ossedat-Triouleyre qui était l'un des candidats parents possibles pour Jean, mais le registre des actes de naissance de Saint Martin des Olmes en 1725 est incomplet et ils n'avaient pas pu arriver à une certitude tant que cet acte de mariage manquait.

Par leurs recherches et celles plus récentes de différentes autres personnes qui ont mis leur arbre généalogique sur internet, et surtout par les recherches de Nicole Bienvenu, du Cercle Généalogique et Héraldique d'Auvergne et du Velay, on sait remonter encore trois générations. Le père d'Antoine était Benoît Ossedat (1653-1728, épouse Anne Varenne) né à Ambert, fils de Raymond Ossedat (1622-1688, épouse Antonia Brivadis). Benoît est de façon certaine compagnon papetier, Raymond l'est très probablement. Pour le moment, le premier Ossedat identifié comme étant de façon certaine notre ancêtre est le père de Raymond. Il s'appelle Annet Ossedat, il est né à la fin du 16ème siècle (vers 1595), sans doute à Ambert, et s'est marié vers 1620 avec Marie Grivel, fille et descendante de maîtres de moulins. Mais il est possible que nous arrivions à remonter encore un peu, comme on le fait déjà dans diverses familles alliées, et notamment dans nos racines Caillot où figurent également des familles de maîtres papetiers propriétaires de moulins (Sauvade, Vimal, Malmenayde,…et les mêmes Grivel) bien connues depuis la fin du 15ème siècle. 

La présence des Ossedat est donc attestée dans toute cette région au moins depuis le début du 16ème siècle, mais ils étaient alors, semble-t-il, laboureurs.  Puis certains évoluèrent vers le métier de compagnons papetiers.

 

D’où venaient ces Ossedat avant Annet ? Pour le moment, nous n’avons aucune certitude. Parmi les hypothèses possibles, deux semblent les plus probables, toutes deux dans la zone au nord d’Ambert . Ces deux hameaux ont vu vivre de nombreuses générations d’Ossedat, principalement laboureurs : le hameau L’Ossedat à Saint Pierre-la-Bourlhonne, près de Marat, et surtout le hameau Ossedat, près de Grandval, plus proche d’Ambert. Notre cousin Philippe Bouchet (branche Falletti) fait remarquer (juin 2011) qu’on trouve dans ce hameau une fréquence particulière du prénom Annet, dont 3 fois dans la famille Ossedat au début du 17ème siècle. Y a-t-il là un indice de parrainage, donc de proximité familiale ? (voir le document Remarques sur l’origine et les variations orthographiques du patronyme Ossedat-Aussedat

 

Ne quittons pas le personnage d’Annet Ossedat sans évoquer une hypothèse concernant son décès vers 1631. Cette année là, précise Michel Boy,  historien de la papeterie Livradoise, il y eut une épidémie de peste dans la région d’Ambert touchant plus particulièrement les papetiers. L’origine en était en effet un lot de chiffons contaminés destinés à la fabrication de pâte à papier, provenant de vêtements récupérés sur des cadavres de protestants ardéchois morts par fait de guerre de religion (on avait alors la charmante habitude de laisser pourrir les cadavres au milieu des rats pour qu’ils soient contaminés par la peste, et on les balançait par des catapultes dans le camp ennemi ! Sympathique forme de guerre bactériologique). Il est possible qu’Annet Ossedat, mort jeune, avant 36 ans, vers 1631 ait fait partie des ouvriers papetiers victimes de cette épidémie

 

Une découverte en entraînant une autre, je suis tombé en décembre 2008 sur le site internet de Mr Jean-Paul Blettery qui a effectué entre autres des recherches sur l'histoire de plusieurs papeteries du Forez, du Velay et du Roannais, c'est-à-dire la région qui va du bassin de la Loire à celui du Rhône. On y retrouve de nombreuses traces de passage et d'implantation de compagnons papetiers venant de la région d'Ambert. Cette découverte permet de mieux préciser les chemins de migration des papetiers auvergnats vers le Beaujolais, le Vivarais, l'Isère, l'Ain,…et la Savoie .

Puis les découvertes continuent de s'enchaîner en février 2009 avec l'établissement d'un contact avec Mr André Ossedat, proviseur retraité à Ambert, descendant comme nous d'un fils du ménage de Jean Ossedat et Marie-Anne Cailhot. Ce contact est le tout premier avec un Ossedat contemporain clairement identifié comme cousin. Le fils aîné de Jean Ossedat, né à Rochetaillée, était en effet revenu se fixer en Auvergne dans l’un des moulins du hameau de Chadernolles, au débouché de la vallée de Grandrif sur la paroisse de Marsac-en-Livradois, où se succèderont dans sa descendance quatre générations de papetiers. L’arrière grand-père d’André Ossedat fut au tout début du 20ème siècle le dernier papetier de Chadernolles. C'est de lui que parlait Henri Pourrat dans son roman "L'herbe des 3 vallées", disant qu'il avait rencontré un papetier de grand âge, M. Ossedat (passage cité par François Paturle au tout début de son livre). Voir plus loin les descendants de Jean Ossedat et Marie Anne Cailhot.

Un état de taxes concernant les papetiers d'Ambert et Saint Martin des Olmes en 1729 mentionne largement plusieurs Ossedat, Cailhot et autres familles alliées. Pour plus de détails sur les Ossedat et les Caillot, consulter l'article d'Alain Aussedat publié par le Cercle Généalogique et Héraldique d'Auvergne et du Velay dans sa revue "A moi, Auvergne !" de mai 2009.

Voir également les remarques, questions et hypothèses concernant les OSSEDAT d'Auvergne, mis à jour en mai 2009.

Concernant l'histoire du papier et des papetiers d'Auvergne, consulter l'article écrit par Nicole Bienvenu dans la revue "A moi Auvergne !" de février 2005. Nicole Bienvenu est la personne du Cercle généalogique d’Auvergne qui m’a communiqué l'acte de mariage de Jean Ossedat et Marie Cailhot, résolvant une énigme ouverte depuis 72 ans !

 

 

La signification du nom Ossedat semble également bien établie : dans le patois occitan d'Auvergne, le mot ossedat désignait une terre en friche ou récemment défrichée. Il est vraisemblable que cette dénomination a été donnée à plusieurs hameaux dans diverses paroisses de façon indépendante, puis que des familles habitant l’un ou l’autre de ces hameaux ont adopté le nom lorsque les noms de famille ont commencé à apparaître et se fixer, vers le XIIIème siècle.  Mais il existe aussi une hypothèse peu probable rapportée par le romancier Henri Pourrat faisant dériver ce nom du mot oustal (la maison).

Le patronyme Ossedat continue a exister en grand nombre, principalement dans le Puy de Dôme et dans la Loire, mais aussi dans la région lyonnaise, la région parisienne et ailleurs. Fin 2008 on dénombrait 134 Ossedat, 76 Occedat, et 146 Aussedat abonnés au téléphone en France. En beaucoup plus petit nombre, on trouve également les formes Laussedat, Lausdat, Lossedat, Lossedas, Ocedat. En revanche, les formes Oscedat, Osdat semblent avoir disparu. Certains portent un accent aigu sur le e, mais il peut s'agir d'une simple erreur d'enregistrement dans les listes téléphoniques.

Voir Remarques sur l’origine et les variations orthographiques du patronyme Ossedat-Aussedat

C’est sur ces bases solides, bien que nécessitant encore des vérifications de détail, que François Paturle (fils d’Antonie Paturle, née Aussedat, petite sœur de notre grand-père Louis), avait pu titrer son livre d’histoire de la famille " Les Aussedat, papetiers depuis le 17ème siècle ". Ce livre remarquablement documenté montre comment, en moins de deux siècles, cette famille de compagnons puis de maîtres papetiers a su développer l’un des tout premiers groupes industriels papetiers français, prenant à temps les divers virages techniques et financiers nécessaires, jusqu'à ce que les besoins en financement et les contraintes de la mondialisation n’amènent ce groupe à être vendu en 1988 au leader mondial de la spécialité, International Paper,où il s'est progressivement dilué, le nom Aussedat n'y apparaissant plus en ce début de XXIème siècle ni dans l’organigramme du groupe, ni dans les marques commerciales.

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2 - Du Vivarais à la Savoie. Jean Ossedat (1725-1760) et son fils Augustin I Aussedat (1756-1825)

2.1 Jean Ossedat et Marie Cailhot, de 1725 à 1765

Pour en revenir à Jean Ossedat, il était né en 1725 au village de Duret, paroisse de Saint Martin des Olmes, en Livradois (Auvergne) d'une lignée de compagnons papetiers. En 1750, il part se faire embaucher dans la papeterie de Rochetaillée, près de Saint Étienne dans la Loire, dirigée par Marcellin Pailhon, dont la famille est également originaire de Saint Martin des Olmes. Il s'y marie avec Marie-Anne Cailhot (parfois orthographiée Caillot)  (1724-1783), ouvrière papetière depuis plusieurs années dans cette même papeterie, née au village de Valeyre sur la paroisse d'Ambert, où  ses ancêtres (Sauvade, Vimal, Malmenayde, Grivel, Thenot …)  étaient maîtres de moulins à papier depuis au moins deux siècles. Deux ans après, vers 1753, le ménage part s'installer à Davezieux près d’Annonay en Ardèche, pour travailler à la papeterie Montgolfier de Vidalon. Les Montgolfier étaient eux mêmes originaires du village de la Forie, paroisse d'Ambert, et lointains cousins des Cailhot. Une grand'tante Ossedat venue également de Saint Martin des Olmes les avaient déjà précédés vers 1710 dans la région avec ses enfants : Anne Barge, veuve d'Antoine Ossedat, frère du grand-père de Jean (François Paturle et Michel Pignal ont émis diverses hypothèses sur l’identité de cette Anne Barge veuve Ossedat). C'est donc à Vidalon que Jean Ossedat meurt en 1760, qualifié d'ouvrier papetier, comme sa femme, (mais ces registres paroissiaux ne sont pas toujours bien précis sur la qualification professionnelle). Ils avaient eut 5 enfants : Marcellin, né en 1752 à Rochetaillée (Loire) Marie-Madeleine (1754), Anne (1755), Augustin (1756), Jean (1759) tous quatre nés à Davezieux en Ardèche. Nous avons une bonne vision de la descendance de deux de ses enfants : Marcellin, l'aîné, qui repartit se fixer à Chadernolles, village de la paroisse de Marsac-en-Livradois, et Augustin, le second fils,  notre ancêtre qui, à l’âge de 29 ans, quitta l’Ardèche pour aller se fixer en Savoie.

 

 

Nous avons établi récemment (février 2009) un contact avec Mr André Ossedat, ancien proviseur de lycée retraité à Ambert, qui descend de Marcellin Ossedat. Il nous indique que la descendance de Marcellin, lui-même papetier à Chadernolles, est restée pendant 4 générations sur place avec la même activité, l'arrière petit fils de Marcellin, Joseph Ossedat, dit Jeuselou,  ayant été le dernier papetier de Chadernolles.  Des nouveaux contacts ont permis depuis d'en savoir plus sur cette branche Marcellin Ossedat, de Chadernolles.

 

 

Quant à Augustin, c'est notre ancêtre qui partira s'établir en Savoie avec un nom devenu définitivement Aussedat. Son père, Jean, devait être un compagnon de haut niveau, car  les parrains et marraine de son fils Augustin en 1756 sont Augustin-Maurice et Marguerite Montgolfier, enfants de son  employeur, ce qui semble indiquer des relations amicales proches, déjà bien établies en 3 ans de présence. Augustin perdit son père à 4 ans et fut sans doute mis à 12 ans selon l'habitude de l'époque en apprentissage d’ouvrier papetier chez son parrain.

Voir document concernant mes actuelles remarques, hypothèses et questions concernant les Ossedat d'Auvergne et d'Ardèche (janvier 2009)

2.2 Augustin I et Marie d'Henry, de 1780 à 1825

En 1780, à 25 ans, sans doute à l'issue de sa période d'apprentissage et de compagnonnage, Augustin Ossedat est nommé ouvrier formaire chez Montgolfier. Chargé de la fabrication et de l’entretien des formes à papier, c’est une sorte de technicien supérieur, homme de confiance technique du maître papetier. La même année, 1781, il épouse Marie d’Henry (env. 1760-1859), également issue d’une famille de papetiers (en cours d'exploration), originaire d’Annonay et installée à Vidalon.

Une tradition familiale, peut-être légendaire et peut-être née seulement au XXème siècle, prétendait que Marie d’Henry, avait fait partie de l’équipe d’ouvrières qui, avec les dames Montgolfier, participa à la couture de la première Montgolfière, ce qui lui aurait valu une excommunication par l’évêque local pour complicité de violation du ciel ! Mais il est difficile de se fier à ces légendes familiales, surtout dans notre famille Aussedat où la blague et la mystification étaient érigées en règle de vie, principalement à la génération des enfants de Louis Aussedat et de leurs cousins. 

En 1780, Augustin Montgolfier achète entre autres un moulin à Leysse, sur la paroisse de St Alban, à proximité de Chambéry. Le duché de Savoie était alors territoire étranger, rattaché au Royaume de Piémont-Sardaigne. En 1785, il envoie son filleul et adjoint technique Augustin Ossedat, âgé de 29 ans et sans doute devenu entre-temps maître papetier, gérer ce moulin. Mais 3 ans plus tard, en 1788, Montgolfier s’aperçoit qu’il ne peut efficacement contrôler tous ses moulins dispersés, et il revend celui de Leysse à Augustin Aussedat. Voici donc ce dernier devenu maître et propriétaire de moulin, et savoyard. C'est en outre à partir de ce moment que son nom se transforme d'Ossedat en Aussedat.

Pour plus de détails sur tous ces Ossedat d'Auvergne et du Vivarais, consulter la base généalogique familiale, patronyme Ossedat . Consulter également dans cette même base les ascendants de Marianne Cailhot.

Le ménage d’Augustin I Aussedat et Marie eut 11 enfants, dont 3 nés en Ardèche :

  • 4 fils : Vincent-Augustin(1783), Alexis (1785), Joseph (1786), Jean Vincent (1788). Seuls les deux premiers ont eu de la descendance.

 

  • 3 filles qui se marieront :             

-         Marie (1784) épouse Joseph Bernard (leur fille Marie épousera son cousin Jean-François Aussedat, second fils d’Augustin II, ancêtre de la branche Argentine),
 

-         Augustine (1791) épouse François-Joseph Chamousset,

-         Rose (1798), épouse Antoine Basin, boulanger. Ce sont les parents d’Augustine Basin qui épousera son cousin Jean-Marie Aussedat, fils d'Alexis. Les Chamousset comme les Basin sont des familles bien implantées à Saint-Alban-Leysse au moins depuis le 17ème siècle.

  • 4 filles mortes en bas âge : Catherine (1787), Marie-Augustine (1790-91), Rose (1793), et Louise (1797)

Petit détail amusant : Joseph fut inscrit au registre de baptêmes sous le nom de Auchedat, ce qui semble indiquer que son père, qui était récemment arrivé en Savoie,  avait conservé un bon accent d’Auvergne ou du Vivarais, accent que le prêtre savoyard avait compris comme il avait pu.

Très dynamique, Augustin Aussedat père (ou Augustin I, pour le distinguer de son fils aîné Vincent-Augustin, dit Augustin II) développe fortement sa papeterie de Leysse, qu’il laissera à son fils aîné, puis achète en 1806 à Cran-Gevrier (à quelques kilomètres au nord-ouest d’Annecy) un moulin récent d'une fabrique de limes qu'il reconvertit en moulin à papier, et en achète une troisième la même année à Faverges (sur la route d’Annecy à Albertville) pour installer ses autres fils Alexis et Jean-Vincent. Il semble que Joseph, le quatrième fils, soit mort auparavant sans postérité. Augustin I Aussedat meurt à 67 ans, en janvier 1825. La papeterie de Jean Vincent à Faverges avait déjà été revendue en 1824 et disparut en 1841, le matériel en avait été transféré à la papeterie de Cran Gevrier. Jean Vincent se maria, mais n’eut pas de postérité.

 

Pour plus de détails sur Augustin Aussedat et les premières générations de sa descendance, consulter la base généalogique familiale, patronyme Aussedat . Pour voir l'ensemble des descendants, y compris des générations plus récentes, me contacter pour obtenir un code d'accès ami.

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1828 (année de naissance d'Augustine Basin) :
La papeterie Aussedat à St Alban-Leysse (Savoie)
Aquarelle de Giovanni Battista de Gubernatis. Coll. Galleria d'Arte Moderna di Torino.
Reproduite dans le livre "Papetiers des Alpes" publié en 2005 par le Musée du Dauphinois, de Grenoble.

Créé en 1734 à St Alban-Leysse (nord-est de Chambéry), au lieu-dit "le Bout-du-monde", sur une chute d'eau de la Leysse, ce moulin est acheté par Augustin Montgolfier qui y envoie en 1785 comme gérant son adjoint et filleul Augustin Aussedat. Celui-ci rachète le moulin en 1788. Vers 1810, il y installe son fils aîné Augustin II qui sera contraint de le vendre en 1844 à Mr Forest. Cette papeterie, très modernisée, a été en production jusqu'à 1942. Il en reste des ruines. On reconnaît au fond la silhouette du Granier, montagne dont la forme caractéristique domine le bassin de Chambéry, et à gauche, la falaise dont les éboulements provoquèrent de nombreuses difficultés. On peut voir d'une part à gauche la Leysse, dont les eaux fournissaient au moulin l'énergie mécanique, et à droite la Doria, torrent venant d'une source située à Saint Jean d'Arvey, et dont l'eau très pure était utilisée pour la fabrication de la pâte à papier.

 

La papeterie de Leysse  au "bout du monde". Lithographie de 1845


Cette papeterie est encore bien visible. La maison de Direction au premier plan existe toujours, mais a perdu sa roue de moulin. C’est dans cette maison, qui est l’ancien moulin du XVIIIème siècle,  qu’Augustin I puis Augustin II Aussedat ont élevé leur famille. Les bâtiments industriel du second plan existent encore également, partiellement modernisés au 19ème et 20ème siècle. Ils sont maintenant partiellement en ruines. La grille d’entrée est toujours en place. Voir le document La Papeterie de Leysse.

 

 

3 - Branche Augustin II Aussedat

Augustin II, qui reprenait donc la papeterie de Leysse, eut 9 enfants. Mais il perd sa femme en 1837, et en 1840 ses affaires périclitent. Il doit se faire mettre sous tutelle financière de ses frère et beaux-frères puis se résigne à vendre en 1844 la papeterie à Mr Guillaume Forest, ancien sénateur sarde et ancien Président de la Chambre de Commerce de Chambéry qui la développera bien. Cette papeterie continuera son activité jusqu’en 1942, unanimement appelée « la papète » par les habitants de la commune. Il en reste aujourd’hui quelques ruines. Non loin, se situent toujours les maisons Basin, dont celle où vécurent les familles Augustin I puis Augustin II Aussedat.

Des 9 enfants du ménage d’Augustin II Aussedat, 2 fils ont eu jusqu’à nos jours une postérité portant le nom d’Aussedat :

  • L’aîné, Augustin III, né en 1817, est l’arrière grand-père d’un Augustin (1914-1981) dont le fils Jean Aussedat, né en 1948, est chercheur biologiste au CNRS à Grenoble. Il a eu deux fils nés en 1976 et 1981. Dans les papiers de famille, nous en parlons comme la branche Aussedat de St Jean d’Arvey.

 

  • Le second fils d’Augustin II, Jean-François, né en 1819, eut un fils, Augustin, qui alla à 18 ans, en 1871, se fixer près de Buenos Aires. C’est la petite fille de cet Augustin, devenu Augusto, que nous avons retrouvée au début des années 1980. Née en 1943, Célina Aussedat a épousé Luis Jaimes et a 3 enfants. Elle est la dernière à porter ce patronyme Aussedat en Argentine (son fils continuant à porter le double patronyme Jaimes Aussedat). J’ai eu deux fois l’occasion de passer un week end chez ces cousins argentins, dans la propriété créée par son grand-père à Roque Perez, gros bourg de la province de Buenos Aires ; et Célina a participé aux Aléryades 1984. Son père ayant été maire de Roque Perez, il y a encore une rue Aussedat dans ce bourg. Célina est passée par Paris fin 2010 et nous avons dîné ensemble. Depuis sa retraite d’enseignante, elle vit dans sa propriété familiale à Roque Perez, et exerce le double métier de directrices d’écoles et d’éleveuse de bovins à viande haut de gamme. Elle a repris son nom de jeune fille.

Ces ultimes rejetons de la branche Augustin II sont apparemment aujourd’hui les seuls Aussedat, avec cette orthographe, qui ne descendent pas de notre arrière grand-père Jean-Marie II.

Par ailleurs, les descendants d'Augustin Basin et Louise Aussedat, fille d'Augustin II, appartiennent aussi à cette branche de la famille, en particulier la descendance Basin habitant toujours à St Alban Leysse, branche avec laquelle nous avons rétabli des contacts récemment. Voir éléments sur la famille Basin

Un contact récent (mars 2011) nous permet de compléter notre connaissance de la branche Augustin II Aussedat par la descendance très documentée jusqu’à aujourd’hui de Jeanne-Marie Aussedat (1824-1851), fille cadette de cette famille, qui épousa Claude Girod, boulanger à Saint Alban Leysse, issu d'une famille solidement implantée sur la paroisse au moins depuis le début du XVIIème siècle. La base généalogique familiale a été mise à jour avec ces informations, qui nous ont été communiquées par Marie Pascale Sélignan, descendante de cette branche Aussedat/Girod.

Jeanne-Marie Aussedat était cousine germaine d’Augustine Basin, âgée de 4 ans de plus que cette dernière. Les deux cousines ont passé leur jeunesse à Saint Alban Leysse où Jeanne-Marie est restée après son mariage à 18 ans en 1842, tandis qu’Augustine partait s’installer à Cran Gevrier après son mariage à 18 ans en 1846 avec leur cousin germain commun Jean-Marie I Aussedat.

Claude Girod et Jeanne-Marie Aussedat ont eu 7 enfants dont deux filles seulement ont eu de la descendance :

      Marie Girod qui a épousé Jacques Chiron (6 enfants dont 4 ont eu de la
     descendance : branches Masson, Chiron, Reulos. Sous branches : Barut,
     Vacher.

       Mathilde Girod qui a épousé Antoine Bocqueraz (4 enfants dont 3 ont eu de
       la descendance : branches Bocqueraz, Chiron (mariage entre cousins
       germains).

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4 - Alexis Aussedat (1785-1838) et les débuts de la papeterie de Cran-Gevrier

Augustin I Aussedat avait donc reconverti en 1806 en papeterie un moulin installé à Cran-Gevrier sur des terrains loués à l’Hospice des Incurables d’Annecy au bord du Thiou, rivière qui envoie vers le Fier les eaux du lac d’Annecy. Cran-Gevrier avait été dans la première moitié du 15ème siècle le siège d’une activité papetière, comme Faverges l’avait été dès le 14ème siècle, lors de l’introduction du papier en Savoie, venant d’Italie. Très rapidement, il modernise et agrandit cette fabrique dont son fils Alexis prend la direction peu après son mariage en 1811. En 1820, Alexis rachète l’ensemble des terrains à l’Hospice. Il continue la modernisation, introduisant des  " piles hollandaises " (ce sont de cylindres munis de couteaux rotatifs, immergés dans la pâte à papier qu’ils contribuent ainsi à affiner, remplaçant l’antique système de maillets)  et rachetant d’autres moulins sur le Thiou ; il commence également à diversifier ses biens (achat d’une ferme, de vignes et de divers terrains). Il est un moment maire de Cran-Gevrier. Il meurt à 53 ans en 1838.

Il avait épousé en 1811 Pauline LAFRASSE (1792-1833), fille d’un aubergiste d’Annecy, qui était propriétaire d'une grande ferme de 25 hectares jouxtant le château d'Aléry, sur la colline de Gevrier. Près d'un siècle plus tard, son arrière petit fils Louis Aussedat, qui avait reçu cette ferme en héritage, achètera le château d'Aléry voisin, revendant la ferme (devenue ferme Aymonier) pour financer l’acquisition et la remise en état d’Aléry.

Ce ménage eut 9 enfants (voir chapitre descendance Alexis Aussedat) :

Jeanne Colette 1811, morte en bas âge

Claudine 1813, épouse M. Claude Chamousset

Jean-Marie (1814-1867) épouse en 1846 sa cousine Augustine Basin (1828-1909)

Hippolyte (1817-1894) épouse Louise Veuillant, ancêtres de la branche Falletti

Joséphine (1816–1850) religieuse au monastère de la Visitation à Thonon.

Alexandre (1818-1890) épouse Antonie Arrembourg, ancêtres des branches Mercier et Seguin

Etienne(1824-1844). Mort à 18 ans, célibataire.

N 1825- 1825 mort à la naissance

François(1828-1856). Mort à 27 ans sans postérité.

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5 - L’essor industriel et financier. Jean-Marie I Aussedat (1814-1867), sa femme née Augustine Basin (1828-1909) et leur fils Jean-Marie II Aussedat (1848-1903).

A la mort d’Alexis Aussedat en 1838, âgé de 53 ans, son fils Jean-Marie a 24 ans, ses frères Hippolyte et Alexandre respectivement 21 et 20 ans. Les autres sont encore enfants. Ce sont ces 3 fils aînés qui reprennent l’affaire familiale de papeterie, mais dès 1841 Hippolyte se retire, Jean-Marie et Alexandre développant à partir de 1843 l’affaire sous le nom de "Société Aussedat frères ". En 1842, ils investissent sur une première puis une seconde machine à papier en continu (le procédé, inventé en France par Robert en 1799, avait été adopté et développé en Angleterre, puis était revenu en France vers 1810, et les Montgolfier possédaient déjà une telle machine depuis 1822). L’entreprise compte alors environ 80 salariés, dont à peu près la moitié sont des femmes affectées au tri et à la préparation des chiffons qui servent de matière première. En 1846, Alexandre se retire de l’affaire, voyage en Algérie et au Brésil pour monter des affaires, puis restera rentier une vingtaine d’années avant de créer une cartonnerie un peu en amont sur le Thiou (quartier de Chevesne), exploitant une nouvelle technique qu'il avait inventée pour fabriquer la pâte à partir de bois avec traitement physico-chimique particulier (procédé semi-chimique). Le bois remplaçait ainsi le chiffon qui était devenu très coûteux. Cette entreprise passa à son fils Eugène Aussedat et sa petite-fille Clara Mercier (1883-1959), jusqu’à un incendie qui la détruisit en 1929.

En 1846, Jean-Marie épouse sa jeune cousine Augustine, dernière fille d’Antoine Basin, boulanger à Saint-Alban Leysse, et de Rose, née Aussedat (dernière sœur d’Alexis, qui s’était elle-même mariée à 15 ans). Voir éléments sur la famille Basin.  Il a alors 28 ans et elle en a 18. Ce mariage intra-familial va être une chance pour l’affaire familiale car il met aux commandes un couple qui se complète admirablement : Jean-Marie apporte le savoir-faire technique et commercial. Augustine devient très vite une financière hors pair, formée par son mari à la gestion comptable, puis devenant une gestionnaire de tout premier plan lorsque, pendant près de 43 ans après la mort de son mari, elle sera chef d’entreprise industrielle et mènera en parallèle une activité bancaire (prêts à des particuliers puis à des entreprises) culminant avec la fondation en 1891 de la Banque Commerciale d’Annecy, dont la famille Aussedat possédait 40%, et qui deviendra ultérieurement la Banque Laydernier (aujourd'hui intégrée dans le réseau Crédit du Nord, filiale de la Société Générale). Cette période va être également celle d’un changement de statut social : Jean-Marie Aussedat est maire de Cran-Gevrier pendant 22 ans, membre du conseil de surveillance de la Banque de France en Haute Savoie ; et quelques années après sa mort, 2 de leurs 4 enfants épousent des membres de familles de la bourgeoisie annécienne, Marie Despine et Jacques Callies. Dès 1860, le ménage de Jean-Marie et Augustine Aussedat avait laissé la maison de Cran-Gevrier, incluse dans le périmètre de l’usine, au ménage du nouveau Directeur, Eugène Crolard, pour aller s’installer dans les appartements d’une maison bourgeoise en plein centre d’Annecy, au 12 rue Royale.

 

 

Jean-Marie I Aussedat vers 1859

Augustine Aussedat, née Basin, vers 1859

Jean-Marie I Aussedat (1814-1867) 
vers 1859

Augustine Aussedat, née Basin (1828-1909) vers 1859

 

Famille Aussedat en 1859 : Jean-Marie I (45 ans) Jean-Marie II (11 ans), Augustine (31 ans)

Jean-Marie II Aussedat vers 1870
(22 ans)

Marie Aussedat (1860-1936), future épouse de Jacques Callies, vers 1883 (23 ans)

Marguerite Aussedat (1866-1942), future épouse d'Albert Crolard, vers 1890 (24 ans)

 

 

Portrait présumé d'Antonie Aussedat (1857-1886), fille aînée de Jean-Marie I Aussedat

Ce portrait n'est pas formellement identifié comme étant celui d'Antonie, morte célibataire à 29 ans. Mais il était en grand format encadré sous verre  dans le salon de Pringy, avec une mèche de cheveux au dos du tableau garni de velours rouge. Ceci indique certainement le dernier portrait de quelqu'un de très proche. La meilleure hypothèse, compte tenu également des ressemblances,  est celle d'Antonie Aussedat dont nous n'avons pas d'autre portrait identifié.


 

Sur le plan industriel, l’entreprise continue son développement avec l’acquisition de nouvelles machines de production de papier en continu. Le rattachement de la Savoie à la France en 1860 marque un tournant : il faut rapidement renoncer aux approvisionnements en matière première et aux marchés du Piémont-Sardaigne pour développer une activité tournée vers les marchés français. C’est dans ce but qu’a été recruté Eugène Crolard, fils d’un industriel drapier de Voiron, qui a débuté sa carrière commerciale dans une papeterie de la région de Grenoble. C’est lui qui va en particulier ouvrir et développer un premier entrepôt à Paris. C’est également à cette époque (fin des années 1860) que le chemin-de-fer arrive à Annecy, facilitant les communications avec le reste de la France. Rapidement, la papeterie sera raccordée au réseau par une voie privée.

Le ménage de Jean-Marie I et Augustine Aussedat eut 5 enfants, dont 4 ont vécu:

Jean-Marie, (1848- 1903), en général appelé simplement Jean, comme son père, épouse Marie Despine.

Antonie (1858-1886) morte à 29 ans célibataire, sans postérité. Il semble, d'après des lettres publiées par Tante Rose-Anne dans son "Portraits de famille", qu'Antoine Despine, frère de Marie, en ait été très amoureux et se remit mal de sa mort, restant lui-même célibataire et dépressif.

Marie (1860-1936) épouse en 1884 Jacques Callies, Ingénieur de l'armement naval, et futur Président de la Papeterie après le décès de son beau-frère Jean-Marie

Marguerite (1866-1942) épouse en 1889 Albert Crolard qui sera Directeur Général de la Papeterie, puis député.

Au moment de la mort de son père à 53 ans en 1867, Jean-Marie II n’a que 18 ans. Mais, aidé par sa mère et Eugène Crolard, il va rapidement prendre sa place à la Direction de l’entreprise, qui est entre-temps devenue la " Société Vve Aussedat ", nom qu’elle conservera jusqu’en 1904. Augustine en effet continuera toute sa vie de suivre de très près l’activité de la papeterie, prenant toutes les décisions financières, et s’appuyant sur Eugène Crolard (qui sera remplacé par son fils Albert en 1890) et son fils Jean-Marie, puis son gendre Jacques Callies après la mort de ce dernier.

Sous cette triple impulsion, la papeterie connaît pendant près de quarante ans un développement remarquable, marqué par de nombreux investissements :

  • usine de pâte à bois (1881)
  • nouvelle machine à papier en continu (1883)
  • Electrification par dynamo (1885). C’est une des toutes premières en France. La papeterie sera même fournisseur d’électricité au début des années 1900 pour le compte des Forces du Fier (Société d’électricité que dirigea de 1909 à 1935 notre grand-père Louis, et qui fut absorbée par EDF en 1947).
  • Téléphone (1887)
  • Divers immeubles de production ou d’entrepôt
  • La canalisation amenant l’eau du lac directement à l’usine (1898-1900)
  • 21 turbines.

Jean-Marie II épousa à 26 ans en 1874 Marie Despine qui avait 19 ans et était la fille d’un avocat, professeur de droit, mort deux ans auparavant (voir origines Despine). Issue d’une famille bien implantée de longue date dans Annecy et ses environs, elle faisait entrer la famille Aussedat dans un milieu de notables bourgeois que sa réussite industrielle et financière lui faisait de plus en plus côtoyer. Nous verrons dans un autre chapitre la vie de cette famille Jean-Marie II, telle que l’évoquait en particulier tante Zézou Dor, l’aînée des petits-enfants de Jean-Marie Aussedat et Marie Despine. Voir aussi l'album de photos de la famille Jean-Marie II Aussedat

 

 

Jean-Marie II Aussedat (1848-1903)

Marie Aussedat, née Despine (1855-1930)

 

A peu près au même âge que son père et son grand-père, Jean-Marie II est mort à 54 ans, peu avant la naissance de son premier petit-enfant. Ses fils Joseph et Louis mourront respectivement à 57 et 58 ans. Marie Despine est morte à 75 ans, ayant connu tous ses 38 petits-enfants.

Ne quittons pas cette époque sans songer à nouveau au fabuleux destin d’Augustine Basin, née en 1828 près de Chambéry au foyer du boulanger Antoine Basin et de Rose Aussedat, dans l'une des maisons de la rue des Sablons à St Alban-Leysse encore occupée par des descendants Basin. Mariée à 18 ans à son cousin Jean-Marie Aussedat, qui a 10 ans de plus qu’elle, elle ne se contentera pas d’élever 4 enfants, mais va prendre une part prépondérante dans le développement du patrimoine familial en gardant toutes sa vie le contrôle financier et comptable de l’entreprise papetière dont elle prend en personne les rênes pendant les 43 années de son veuvage. Très active également dans toutes sortes de projets d’aménagement de la région d’Annecy et de la Savoie, elle agit en véritable directeur de banque, multipliant les placements, jusqu’à prendre part, comme actionnaire principal, à la création de la première banque de Haute-Savoie. Alliant deux de ses enfants à des familles de la bonne bourgeoisie d’Annecy, elle eut 30 petits enfants et connut les aînés de ses plus de 200 arrière-petits enfants (génération de nos parents).

Alors que nous allons fêter en 2009 le centenaire de sa mort, ce sont aujourd’hui plusieurs milliers de personnes de sa descendance qui perpétuent le souvenir de cette femme remarquablement énergique, dont les photos familiales montrent le large front qui semble sculpté dans le dur granit des massifs alpins.

 

Madame Jean-Marie I Aussedat, née Augustine Basin (1828-1909)
Fille d'Antoine Basin, boulanger à St Alban Leysse, et de Rose Aussedat
photo de gauche en 1900, photo de droite en 1903 (baptême de François Favre)
grand'mère paternelle de notre grand-père Louis Aussedat

Petite anecdote familiale : on raconte que notre arrière grand’mère Augustine acquit entre autres un petit terrain (qui avait dû lui être laissé caution d'un prêt sur hypothèque) totalement isolé loin de tout, sur les pentes de la Tournette. Ce terrain sans valeur ne fut jamais attribué dans les successions. Si bien qu’aujourd’hui, il serait toujours en indivision entre un bon millier d’héritiers. Personne ne saurait le localiser exactement, bien que certains prétendent avoir connu quelqu’un qui y serait allé en reconnaissance. Mais il y a ainsi dans la famille un mythe autour de ces quelques arpents en forte pente au milieu des broussailles dominant le lac.

Voir suite histoire de la Papeterie de 1904 à 1963

 

Alain Aussedat, mars 2011


Ce texte a été mis à jour (compléments et corrections) par rapport à la
version publiée dans le livre "Des familles de traditions"

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