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PETITE HISTOIRE DU
PAPIER ET par Nicole BIENVENU Cercle Généalogique et
Héraldique d'Auvergne et du Velay Cet article a été publié dans le numéro
de février 2005 de "A moi Auvergne !", revue du Cercle Généalogique
et Héraldique d'Auvergne et du Velay. Compte tenu des origines des
Ossedat/Aussedat qui furent successivement compagnons papetiers dans la
région d'Ambert en Livradois puis à Rochetaillée en
Forez et à Davezieux en Ardèche, avant de devenir maîtres papetiers et
industriels en Savoie, il m'a semblé intéressant de reproduire ici cet
article avec l'aimable autorisation de son auteur. On y retrouvera des noms
de lieux et de familles papetières qui apparaissent dans le livre de François
Paturle "Les
Aussedat papetiers depuis le XVIIème siècle"
Alain Aussedat, juin 2008 Retour accueil site familial
Alain Aussedat I. Mes ancêtres papetiers d’Auvergne. C’est à ma grand-mère paternelle que je
dois mon intérêt pour nos ancêtres. Ayant vécu plus de 90 ans, elle me
parlait de son enfance, de sa famille, et commentait des photos anciennes.
Ses récits m’ont incitée à en savoir plus sur les hommes et les femmes qui
nous avaient précédés. Elle évoquait ses grands-parents paternels, auprès
desquels elle avait vécu une année à Issoire, leur maison au bord de la Couze, son grand-père tisserand à l’ouvrage dès l’aube.
Elle avait peu connu ses grands-parents maternels, tailleurs d’habits à Marsac, mais disait fièrement de sa grand-mère :
« C’était une Jarsaillon ».
Mes recherches m’ont appris que Marie-Magdeleine Jarsaillon,
née en 1820 au moulin du Prélat à Chaumont-le-Bourg,
était issue d’une famille de papetiers en activité jusqu’au milieu du 19e
siècle. En remontant les générations, j’ai pris conscience des multiples
alliances entre ces familles. Puis une autre branche papetière est apparue
dans l’ascendance de Pierre Compte, l’époux de Marie-Magdeleine
Jarsaillon. Mes ancêtres papetiers ont pour noms Jarsaillon, Sauvade, Grivel, Vimal, Clouvet, Begon, Chapon, Malmenaide, Bourg, Baro, Cailhot, Beuf, Dupuy, Rolhion, certains apparaissant dans plusieurs branches.
Laurence Froment, grande chercheuse dans ce domaine, m’a beaucoup aidée. Je
l’en remercie, ainsi que Michel Boy et Jean-Louis Boithias,
qui m’ont autorisée à utiliser des documents extraits de leurs ouvrages. Le
dernier couple exerçant ce métier a terminé sa vie au moulin de la Grandrive sous le Second Empire. Benoît Jarsaillon né en 1777 avait épousé en premières noces
Marie Gourbeyre, cousine au 4e degré par les Chapon, morte en
couches à la naissance de leur troisième fille. Remarié en 1808 avec Marie Boithias, fille d’un tisserand du bourg de Marsac, cousine au 4e degré par les Garait,
celle-ci deviendra papetière et le secondera. De cette union sont nés sept
garçons et trois filles, seuls Marie-Magdeleine et
Benoît-Joseph se sont mariés et ont une descendance. Après avoir exploité le
moulin du Prélat jusqu’au milieu du 19e siècle, Benoît et sa femme
prirent à ferme avec plusieurs de leurs fils la propriété de la Grandrive. C’est
là qu’ils sont morts, Benoît à 79 ans, son épouse à 81 ans. Les frères de
Benoît étaient papetiers à Chadernolles ou
cultivateurs. L’un d’eux, Jacques, après avoir été papetier, a créé une
féculerie à Marsac. Ce rameau de féculiers s’est
éteint avec le capitaine Marcel Jarsaillon, mort en
1917 près du Chemin des Dames. J’ai
souhaité connaître la vie de ces ancêtres, rythmée du premier au dernier jour
par le bruit lancinant des maillets, les lieux où ils ont vécu, leurs
coutumes, leurs soucis, leurs aspirations, leurs réussites, les causes de
leur disparition. J’ai d'abord visité le moulin Richard-de-Bas,
proche d’Ambert, seul moulin fabriquant encore le papier de chiffon dans la
région, puis d’autres disséminés dans la France entière. J’ai recherché les
moulins où vécurent mes ancêtres, certains ayant encore fière allure,
d’autres à l’abandon ; je me suis documentée sur les origines du papier et
l’histoire des papetiers. Je vais essayer de vous conter cette histoire, qui
débuta en Chine il y a bien longtemps. Cet article n’est qu’un survol rapide
du sujet, et je recommande aux lecteurs qui souhaitent en savoir plus
« l’Histoire de la papeterie livradoise »
de Michel Boy parue en 1995, numéro hors-série n°27
des Chroniques Historiques du Livradois-Forez,
publié par le GRAHLF. |

Le moulin de la
Grandrive (entre Grandrif et Marsac)

La longue route du papier vers l’Occident
(1)Chine (2)Samarkand (3)Bagdad (4)Damas
(5)Le Caire (6)Fez (7)Espagne maure

La pile à maillets (Encyclopédie)
L’élaboration de la pâte dans la pile à maillets.
Transportée au moulin dans des seaux de
bois (pileyes) contenant 8 kg de chiffes, la
coupade additionnée d’eau était versée dans
une pile et soumise au pilonnage des maillets plus ou moins ferrés qui
la transformaient en pâte. Ceux-ci étaient actionnés par un arbre à cames (chapèbre) mû par la roue du moulin. Sous le
contrôle du gouverneur, elle passait de pile en pile et subissait
divers traitements qui duraient de 24 à 36 heures. Puis le gouverneur
puisait la pâte dans la pile à fleurer proche de la cuve, et à l’aide d’un
grand baquet ovale en bois (bacholle) la portait à la cuve à ouvrer
pour le travail du lendemain.
La
fabrication de la feuille. La pâte
chauffée à feu doux dans la cuve à ouvrer, commençait ensuite la fabrication
de la feuille par deux ouvriers, l’ouvreur et le coucheur,
travaillant avec deux formes et une couverte. La forme
était constituée d’un châssis rectangulaire de chêne ou de châtaigner portant
une sorte de tamis de fils de laiton sur lequel était cousu le filigrane.
Le châssis reposait sur des baguettes de bois parallèles au petit côté. La couverte,
cadre s’adaptant à la forme, retenait la pâte. L’ouvreur
plongeait la forme et sa couverte dans la cuve pour y puiser la
pâte, les sortait en secouant légèrement pour permettre aux fibres de
cellulose de s’enchevêtrer. Il passait la forme au coucheur en
retirant la couverte. Le coucheur laissait égoutter, retournait
la feuille sur le feutre et posait la forme vide sur le côté.
Puis il posait le feutre suivant. La cadence était de sept à huit
feuilles à la minute pour un format moyen. La fabrication journalière ne
devait pas dépasser vingt porses (une porse fait cent feuilles). La pâte perdant de la
consistance, il fallait en remettre dans la cuve au bout d’une heure ou deux,
et la maintenir homogène à l’aide du redable
(longue pelle de bois). Lorsqu’une
porse était terminée, tous les bras valides
étaient requis pour le pressage qui devait éliminer 80% de l’eau. La presse
à vis actionnée à l’aide d’un cabestan et d’une corde nécessitait une
grande force physique. Le
leveur et son apprenti procédaient au levage des feuilles et les
empilaient par cent sur une planche. Cette étape demandait beaucoup de soin
et de doigté, les feuilles humides étant très fragiles. |

La
cuve à ouvrer (Encyclopédie)
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L’étendage et le finissage. Un ouvrier transportait les feuilles aux étendoirs
(grandes pièces bien ventilées situées en haut du bâtiment) et les suspendait
une à une sur des cordes à l’aide d’un ferlet
(outil en forme de T). Le séchage durait de 1 à 3 jours. Des enfants étaient
employés à la surveillance, ils éloignaient les oiseaux dont le vol risquait
d’anéantir le travail de plusieurs jours. Une fois sèches, les feuilles
pouvaient subir un mouillage et un deuxième séchage. |

La
salle d’Étendage (Encyclopédie)
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L’encollage.
Une journée par mois y était
consacrée. On fabriquait la colle dans une buanderie dans des chaudières de
cuivre. On faisait chauffer sans
bouillir une dizaine d’heures un mélange d’eau et de déchets de moutons et de
chevreaux, rebuts des tanneurs et des chamoiseurs. On ôtait les cartilages,
puis le bouillon était filtré dans une « poissonnière »,
feutre ou étamine de laine. La colle recueillie était versée dans le mouilladou et additionnée d’alun pour le glaçage.
Le
saleran prenait les feuilles par blocs
de cinq ou six, les écartait et les immergeait pour que la colle pénètre. Les
feuilles encollées étaient égouttées et entassées, pressées toutes les deux
ou trois rames sous une petite presse, puis étendues, en prenant soin de ne
pas enlever la couche gélatineuse qui donnait à la feuille sèche sa solidité
et son fini. La phase d’encollage a été intégrée à la préparation de la pâte,
effectuée à froid dans la pile à fleurer avec de l’amidon et des émulsions de
résine de pin traitées à la soude, additionné ou non d’ « azur »
pour le blanchiment. |

La salle de collage (Encyclopédie)
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La
finition. Les feuilles redescendues
au « lichadou » subissaient un
dernier apprêt, puis l’ouvrière procédait à un nouveau tri, examinait les feuilles
conservées, les lissait avec l’ongle ou un grattoir. Il fallait parfois un
marteau pour lisser ou des « martinets » mus par la roue du
moulin. Enfin la feuille était laminée puis ébarbée. Le
papier était ensuite mis en mains de 25, puis en rames de 500 feuilles
et pressé par 5 rames empilées et séparées par une planchette. On le pesait
avec une balance romaine , le papier étant
vendu au poids et non à la rame. Les rames enveloppées dans des feuilles
blanches puis du papier trasse gris ou
brique (les maculatures) étaient liées, et remises sous la presse à
main avant l’expédition. Le
transport. Il coûtait cher, ce qui
augmentait le prix du papier. Les routes n’existant pas, les colis voyageaient
à dos de mulets. Pour les acheminer jusqu’à Thiers, le prix était deux fois
moindre que pour atteindre Lyon, dont les imprimeurs formaient une importante
clientèle. De Thiers, il était conditionné en gros ballots et acheminé par
eau depuis le port de Puy-Guillaume jusqu’à Nantes
ou Paris. |

Voies
Commerciales du papier ambertois (XVIIème siècle)
(1) ramassage de
chiffons, (2, 3) livraisons de papier

Carte des trois vallÉes
du papier de la rÉgion d’Ambert
(d’après Jean-Louis Boithias)
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V. Histoire succincte des papetiers du Livradois Les premières familles papetières : elles se nomment Ribbe,
Richard, Ducros, Galhard, Poyet, Boysson, Berthonnet, Faure,
Perrier, Reyrolle, et sont connues dans la région
dès le début du 15e siècle, quelquefois bien avant. Certaines sont
à l’origine de dynasties marchandes : les Richard, Boysson,
Reyrolle alias Aussedat, entre autres (* voir note en fin d'article). Un rôle de taille mentionne déjà en 1350
Estienne du Poyet au Poyet-Valentin, Pierre Faure à
St-Martin, Jean Grivel au
Mas-Bertinent (aujourd’hui Grivel),
des Joubert au Barry, ancêtres probables des premiers papetiers. Une
transaction de 1424 cite des Richard au Barry, Berthonnet
à Valeyre, Boysson, Faure
à St-Martin, Rolhon, Marchevat, Dandrieux, Beguon, Voldoire, Gorbeyre, Artauld… La
région d’Ambert est riche en moulins divers : fariniers,
drapiers, à chanvre, à parchemin. Les premières mentions de permis de
construire des moulins à papier ou de moulins récemment édifiés apparaissent
vers 1463-1464 dans le terrier latin d’Ambert reçu par Me Chamborne. A cette même époque, Jacques d’Allègre délivre
des autorisations de construire des moulins « à l’exception de moulins
papetiers ». Le terrier ambertois de 1497-1502
recense une dizaine de moulins à papier. Le marché lyonnais attire de
nombreuses productions livradoises, et les
papetiers ambertois vont rapidement commercer avec
marchands et imprimeurs lyonnais. En témoigne le minutier lyonnais de Maître Cozon qui permet de localiser une trentaine de papetiers
des Trois Vallées commerçant avec des marchands lyonnais à la fin du 16ème
siècle. Le
nombre des moulins va croître et atteindre la cinquantaine vers 1670.
Certains papetiers ont déjà quitté la région, chassés par les guerres de
religion. Les uns se sont fixés à Thiers, d’autres dans le Beaujolais, le
Forez, le Vivarais ou l’Angoumois. Malgré l’éloignement, ces familles
garderont le contact avec leur région d’origine par des mariages et des
migrations. Au 18e siècle des papetiers gagnent la Savoie, tel
Georges Lebon, marchand papetier d’Ambert, qui épouse en 1737 la fille de
Louis Caprony, papetier de la Serraz
(le Bourget du Lac), tandis qu’un Montgolfier et son filleul Augustin
Aussedat venus d’Annonay rachètent en 1779 la papeterie de la Serraz et celle de Leysse. Des Jarsaillon
originaires d’Ambert ont suivi le même chemin. Passant par le Vivarais, ils
se sont établis en Savoie, exerçant encore leur métier au début du 20e
siècle. Louis Matussière, scieur auvergnat de
Domène en Isère, fonde en 1886 avec son beau-frère Forest la Papeterie du Mont-Cenis qui, devenue Papeterie de Modane en 1932,
s’arrêtera en 1993. Les aléas de la production.Dans
le courant du 18e siècle, la profession connaît des hauts et des
bas. Dès 1733, Amable Vimal,
papetier du Champ de Clure, Claude Begon et Jean Artaud, tous trois gardes-jurés,
dénoncent les droits excessifs sur les « drapeaux » et vieux linges
venus de Bourgogne. La crise de 1740-1742 causée par une flambée du prix des
chiffons de Bourgogne entraîne l’arrêt de plusieurs moulins. En 1745, Benoît Vimal, fils d’Amable, introduit
une requête auprès de l’intendant dans laquelle il signale que « les
matières ont augmenté du tiers, la nourriture de moitié, et les papiers ont
diminué en proportion ». Après une reprise en 1749, les charges
importantes entraînent une nouvelle crise en 1753, aggravée vers 1760. L’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert réalisée de 1751 à
1772 nécessite une grande quantité de papier de qualité (carré au raisin de
54 x 42 cm), pour l’essentiel auvergnat, provenant de Thiers et d’une
douzaine de moulins du Livradois. |


Exemples de filigranes de l’Encyclopédie
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Jean et Damien Tamizier
de La Forie, Thomas II Dupuy de La Grandrive, et Claude Richard du Prat fourniront les
belles feuilles de « Grand Jésus » ( 70
x 52 cm ) pour l’impression des grandes planches. Y participent aussi les
Nourrisson de Thamiat, les Vimal
de la Boissonnie, les Tamizier
du Bouis, les Sauvade, Begon, Lebon, Coerchon. En
1769, le subdélégué Teyras de Grandval écrit à
l’intendant : « les papiers d’Ambert sont supérieurs à ceux que
l’on fabriquait anciennement et à ceux d’Angoulesme
et de Limoges ». Seuls les papiers d’Annonay peuvent rivaliser avec
eux, mais coûtent beaucoup plus cher. Rappelons que ce sont des Johannot
venus du Livradois en 1634 qui transformèrent un moulin farinier
en moulin papetier à Faya près d’Annonay, suivis
par des Chelles (passés par le Forez puis le Beaujolais) et des Montgolfier
(d’abord établis dans le Beaujolais) qui créèrent la papeterie de Vidalon à
Davezieux, près d’Annonay. De nombreux compagnons ambertois
y seront employés. Le
redressement est entravé par l’arrêt de 1771 qui, en imposant des droits
considérables sur le papier, porte un coup mortel aux fabriques. En 1776 les
fabriques se relèvent, 100 roues tournent dans le Livradois, 189 dans toute
la province. La production s’accroît, près de 45% étant contrôlée par cinq
papetiers : Pierre Gourbeyre, Thomas Dupuy, Antoine Sauvade,
Jean Tamizier, et Thomas Richard, 37 petits
fabricants se partagent le reste. |
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Bénéfice des
papetiers du Livradois au 18ème siecle
en % du prix de
revient (petits et grands formats)
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Grèves,
manifestations ouvrières (comme au Prat en 1783) et chômage entraînent le départ
des ouvriers vers le Velay, le Forez, le Beaujolais, le Vivarais, etc… Les Artaud quittent Ambert, des Filhat,
Berthonnet, Peghon,
Béraud, travaillent à Vidalon, où Jean-Joseph Micolon
finira sa vie, laissant la Vernadelle à son frère
Claude. |

Papeterie de Langlee (Gravure ancienne)

Le
moulin de la Vigne, à Marsac
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Annexe : exemple
de bail d’assance entre papetiers Voici un résumé d’un acte notarié du cinq
janvier 1695 concernant deux de mes ancêtres, Claude Clouvet
et Claude Begon : il s’agit du bail d’assance des moulins de la Vigne et la Frédière pour quatre ans à partir du 1er avril
1695 aux Sieurs Claude Clouvet et Claude Begon son gendre, maîtres papetiers de « la Faurie » de Job, par Me Jean Colombier, marchand
bourgeois habitant en sa maison de Barolz, paroisse
de Grandrif, et Me Damien Colombier son
frère, des moulins à faire et fabriquer papier appelés de la Vigne et la Frédière, composés de 5 roues avec leurs chapèbres, cuves, presses en bon état, 2
chaudières bâties dans la muraille, moyennant la somme de 500 livres par an,
payables de 3 en 3 mois… Lesdits Clouvet et Begon preneurs seront tenus de rendre lesdits molins au même état qu’ils les prendront. Les réparations
nécessaires seront faites comme accoutumé entre propriétaires et tenanciers.
Il a été convenu que tous les papiers qu’ils fabriqueront seront travaillés à
la marque desdits Sieurs Colombier et à celle desdits preneurs, suivant les
formes délivrées par lesdits bailleurs. Ceux-ci seront tenus de prendre tous
les papiers « pourveu qu’ilz soyent bien et deuement colés et apprestés et des sortes
poids et grandeurs que lesdits Sieurs Colombiers leurs auront ordonné
qu’ils payeront ou tiendront en compte ausdits
preneurs a raison de 4 solz 6 deniers la livre tant
du fin, moyen que bulles pris dans les molins ; et
au cas que lesdits preneurs fassent du papier qui ne soit pas bien et deuement appresté et collé, ni
du poids ordonné, le rabais en sera faict par deux
amis communs ; et pour la fabriquation… les
Sieurs Colombier seront tenus de fournir ausdits
preneurs tous les vieux linges venant de Lyon qu’ilz
prendront selon les lettres de voyeure et qui seront
comptés a raison de 8 livres le quintal, et la colle a raison de 12 livres 10
solz aussy le quintal,
pesée au poidz desdits molins
... lesquelles sommes les sieurs Colombier feront ausdits
preneurs jusques à concurance de la somme de 10.000
livres pendant le présent bail sans aucun intérêtz,
recognoissant lesdits preneurs avoir déjà reçu
dudit Colombier ladite somme en deniers effectifz
ou marchandizes qu’ilz
promettent de rendre en fin du présent bail. Le blé soigle
nécessaire ausdits preneurs leur sera fourny par lesdits sieurs Colombier lequel leur sera payé
… ce qu’il vaudra à la grenette d’Ambert à la St Martin d’hiver… de toutes
les susdites fournitures, pris d’assance, réception
de papier ou autres choses les parties seront tenues d’en venir à compter de
trois mois en trois mois… Seront tenus les sieurs Colombier… de les indempnizer des cens, tailhes
et autres impozitions cottizés
pour raison d’iceux…. Il sera loisible à l’une ou à l’autre des parties
d’interrompre le bail dans 2 ans et non plutôt en s‘avertissant 4 mois
auparavant ». Jean-Joseph
Colombier fera faillite en 1703 avec un passif de 26.000 livres. Claude Clouvet décédera papetier à La Vigne en 1720, âgé de 80
ans, Claude Begon son gendre y étant mort en 1711. Histoire
de la papeterie livradoise, de Michel
Boy. (Hors-série n°27 des Chroniques Historiques du Livradois-Forez,
publié par le GRAHLF, 1995). Le
livre de raison du maître-papetier Louis Richard (1720-1771). Texte et commentaire de Thierry Remuzon et Michel Boy.
(Hors-série n°17 des
Chroniques Historiques d'Ambert et de son arrondissement, publié par le
GRAHLF, 1991). Encyclopédie
Diderot et d'Alembert, les métiers du livre, (réédité en fascicules en 1994). Les
moulins à papier et les anciens papetiers d’Auvergne, de Jean-Louis Boithias et Corinne Mondin, (épuisé, consultable à la Bibliothèque Mazarine, à
Paris). Les
machines à papier de l’arrondissement d’Ambert. Une mutation avortée (XIXe-XXe
siècles), par Jean-Louis Boithias, (1997 in Bulletin Historique et Scientifique de
l’Auvergne n° 98, Académie Scientifique, des Belles-lettres et des Arts). Nouara, chroniques d’un antique village papetier, de Claude
Dravaine
(paru aux éditions Bossard en 1927, réédité en
1986 aux Editions Aux Amoureux de Science). Dans
l'herbe des trois vallées, de Henri Pourrat
(édité en 1945, réédité en 1987 chez Albin-Michel). Les
Montgolfier, de Jean Anglade (Editions Perrin). Les
frères Montgolfier et l’invention de l’aéronautique, de Charles
Coulston-Gillepsie (Acte Sud). Papiers
et moulins des origines à nos jours,
de Marie-Ange Doizy et Pascal Fulacher (1989). L'histoire
du papier, de Christian Bouyer (Ed. Brepols, 1994). Six
siècles de papeterie savoyarde (Revue
de l’Histoire en Savoie n° 119, paru en 1995). Société Savoisienne d’Histoire
et d’Archéologie |

Grille d’entrée du Prélat, seul
moulin à papier de
Chaumont-le-Bourg,
sur le ruisseau de Baffie
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